Écologique, social et économique. À Ligugé, l’entreprise à but d’emploi Papiole se lance en février 2026 dans la fabrication de clôtures par des personnes éloignées de l’emploi.
« C’est beau, c’est canon. » L’enthousiasme est palpable au sein du tiers-lieu de la Filature, sur le site des Usines nouvelles, à Ligugé. Autour d’une machine à ganivelles d’époque, plusieurs salariés de Papiole prennent la mesure de leur nouvel outil. « Ce qu’on appelle ganivelles, » explique Pierre-Jean Glasson, un des développeurs d’activités de Papiole, « ce sont ces barrières en bois assemblées par du fil de fer torsadé servant à délimiter les champs ou jardins. » En d’autres termes, des clôtures.
Papiole lance un appel à dons de tailles de bois
« C’est la deuxième fois que j’utilise la machine, donc je commence à comprendre comment ça marche », confie Jean-Michel Asocie, chargé d’actionner la manivelle de torsion du fil de fer. Arrivé à Poitiers en 2017, ce Guyanais de 38 ans, qui a intégré Papiole au printemps 2025 après avoir obtenu un CAP Jardinier paysagiste à Montmorillon, est désormais en CDI à temps choisi parmi la centaine de salariés de Papiole, une entreprise issue de l’initiative Territoire zéro chômeur, créée en janvier 2023.
À terme, l’activité devrait mobiliser deux à trois personnes une à deux journées par semaine, selon les commandes disponibles. « L'ambition est de réutiliser des matériaux considérés comme déchets par d'autres, puis de les vendre autour de Poitiers, » précise Pierre-Jean Glasson, qui lance un appel à dons auprès des particuliers, professionnels et collectivités locales. « Nous recherchons des tailles de robinier faux acacia, de bambou, de châtaignier ou des chutes de bois d’une longueur supérieure à un mètre. » Des commandes ont déjà été passées.
L’histoire d’un sauvetage
Bien que d'autres entreprises industrielles offrent des services similaires, la singularité de Papiole réside dans sa machine, datée du 19e siècle. Son sauvetage est le fait de Denis Meunier, cofondateur du projet Les Usines et passionné de patrimoine industriel. « Lorsque je l’ai découverte, elle était à l'abandon dans un bois du Limousin, » se souvient-il.
Avant d’être prêtée à Papiole, la machine a été restaurée par un luthier et un menuisier « en respectant les techniques de l’époque. » Selon Denis Meunier, « redonner vie à cette machine, c'est prouver que l’on peut fabriquer des ganivelles à l’ancienne, sans céder aux standards industriels. » Des modèles personnalisés pourraient même voir le jour, comme une clôture en cannes de bois, une idée originale qu’il est essentiel d’exploiter.







