Le 26 février, la SNCF a révélé qu'elle a réalisé un bénéfice net de 1,8 milliard d'euros pour l'année 2025, marquant ainsi sa cinquième année consécutive de résultats positifs. Jean Castex, PDG de l'entreprise depuis novembre, a salué cette performance comme un tremplin pour des investissements significatifs dans la modernisation du réseau ferroviaire français, qui se trouve être vieillissant.
Dans le cadre d'une ouverture à la concurrence, le chiffre d'affaires de la société a légèrement baissé de 0,3 % dépassant tout de même 43 milliards d'euros. Comme l’a souligné Laurent Trevisani, directeur financier, « nous avons amélioré la rentabilité du groupe tout en assurant des investissements massifs dans le système ferroviaire, sans compromettre notre solidité financière ».
Répercussions des aléas climatiques
Jean Castex a cependant émis des réserves concernant l'équité face à la concurrence et a souligné le poids des aléas climatiques. « Les tempêtes et les inondations récentes augmentent nos coûts d'entretien », a-t-il averti, ajoutant que la SNCF pourrait faire face à des défis en atteignant ses objectifs si ces événements se poursuivent. Malgré ces défis, la reprise du trafic dans la vallée de la Maurienne grâce à l'ouverture du tunnel vers l'Italie représente un point positif, après 18 mois de travaux.
La fréquentation des lignes Eurostar a augmenté de 1,8 %, tout comme celle de la filiale espagnole Ouigo España, qui a vu ses chiffres de passagers grimper de 44,3 % par rapport à 2024. Toutefois, les lignes Intercités ont connu un déclin de 1 %, impactées par des « travaux majeurs sur le réseau ferré ».
Investissements et avenir
Depuis la réforme de 2020, « chaque euro généré par la SNCF est réinvesti », a précisé Laurent Trevisani. En 2025, près de 11 milliards d'euros ont été investis dans le ferroviaire en France, avec 52 % de cette somme venant directement de la SNCF.
À l'avenir, la SNCF espère que les discussions autour de la loi-cadre sur le financement des transports, prévues au Sénat en avril, permettront d'assurer d'autres financements nécessaires pour les travaux. En parallèle, la dette du groupe a connu une légère baisse, passant de 24,7 à 24,3 milliards d'euros.
Alors que la concurrence se renforce, Jean Castex a réclamé une équité dans les règles imposées aux nouveaux entrants sur le marché. En réponse, la CGT a clamé la nécessité de revenir à un modèle public et intégré, insistant « sur le besoin de sortir de la logique de profit qui guide actuellement l'industrie ».
Si des défis demeurent, notamment pour les filiales de transport de marchandises comme Geodis, qui doivent composer avec des tensions géopolitiques, la SNCF semble déterminée à transformer cette dynamique en opportunité d'innovation et de service pour ses usagers.







