Palantir, entreprise de surveillance, semble s'imposer dans divers secteurs. Le 21 mars dernier, Reuters a révélé que le Pentagone allait officialiser l'utilisation à long terme du système Maven, un logiciel crucial lors des opérations militaires, dont celles menées en Iran. En réaction, l'action de Palantir a grimpé de 6,7 % ce lundi 23 mars.
Les grandes banques et sociétés de gestion d'actifs en Europe s'aperçoivent du potentiel financier de cette entreprise. L'enquête menée par Follow the Money et d'autres médias européens a révélé qu'une centaine d'institutions ont considérablement accru leurs investissements dans le géant de la technologie en 2025.
Des multinationales comme BNP Paribas et Amundi, filiale du Crédit Agricole, se distingue en ayant intensifié leurs participations dans Palantir de près de 70 %. Cette société a rapporté un bénéfice net de 1,6 milliard de dollars en 2025.
Contrats avec le Pentagone... et la DGSI
Cofondée par le milliardaire libertarien Peter Thiel, Palantir est spécialisée dans le traitement massif de données pour des entités gouvernementales et privées. Ses principaux produits, Gotham et Foundry, combinent des données variées allant des informations de renseignement aux informations issues des réseaux sociaux. En France, la DGSI a renouvelé un contrat avec Palantir, tandis qu'aux États-Unis, l'entreprise collabore étroitement avec le Pentagone et la police de l'immigration (ICE).
Israël utilise également les technologies de Palantir pour ses opérations à Gaza, comme l’affirme Le Grand Continent.
Les firmes françaises médaille de bronze de l'investissement dans Palantir
Cette enquête révèle qu'au niveau européen, le Royaume-Uni est le plus gros investisseur dans Palantir, suivi de près par la Norvège. La France, avec ses 4,4 milliards de dollars, se classe en troisième position. Ces investissements se sont avérés extrêmement lucratifs, le cours des actions ayant quadruplé entre 2025 et 2026, bien que récemment ce dernier ait connu une légère baisse de 15 %.
Des risques de violation des droits humains
Des experts, tels que ceux de l'organisation Amnesty International, mettent en évidence les risques de violations des droits humains associés aux activités de Palantir, en particulier en ce qui concerne le traitement des migrants et demandeurs d'asile.
Interrogées, la plupart des banques n'ont pas commenté les allégations selon lesquelles elles pourraient violer des normes de droit international. Amundi et BNP Paribas défendent cependant leur investissement en affirmant qu'il est lié à une gestion passive des actifs, sans intervention directe dans la sélection des titres.
Un flou juridique sur le sujet
Le cadre juridique en France, notamment la loi Vigilance, exige des entreprises qu'elles évaluent les risques liés à leurs investissements. Bien que des actions en justice aient été engagées, il n'y a pas encore eu de jurisprudence qui pourrait obliger ces acteurs à changer leurs pratiques.
Les observateurs soulignent que des règlements internationaux, bien qu'indicatifs, manquent de force contraignante. Ainsi, la part des investissements français dans Palantir pourrait susciter des questions éthiques à l’échelle globale.







