Total Energies et la société Bataille, son sous-traitant, comparaissent actuellement devant le tribunal correctionnel du Havre pour homicide involontaire et non-respect manifeste des normes de sécurité. L'affaire remonte au 15 février 2019, lorsqu'un homme de 38 ans a perdu la vie suite à une chute de huit mètres alors qu'il travaillait sur la plateforme de Gonfreville-l'Orcher, près du Havre. Ce tragique accident a eu lieu pendant qu'il effectuait une tâche demandant de remplir une cuve de sable, lorsqu'une rambarde amovible s'est rompue, provoquant sa chute fatale.
Les familles de la victime, un père de quatre enfants, ont assisté à l'audience, soulignant l'impact émotionnel et sociétal de cet événement. Le juge s'est penché sur la responsabilité des différentes parties impliquées. La procureure a déclaré que "tout le monde rejette la faute sur le voisin", indiquant un flou quant aux responsabilités. Au cours de cette audience de huit heures, le représentant de Total Energies a été assidûment interrogé sur les protocoles de sécurité en place.
Les éléments présentés par l'expertise technique indiquent que les mesures de sécurité étaient inappropriées. La procureure a souligné que les procédures mises en place manquaient de rigueur, relevant des absences de systèmes de sécurité adaptés tels que des dispositifs anti-chute ou d'analyse des risques. En revanche, l'avocat de la société Bataille a affirmé que l'évaluation judiciaire avait reconnu un dispositif satisfaisant pour la tâche de la victime, tandis que le représentant de Total Energies a insisté sur le fait que les procédures étaient claires et correctement suivies.
A la barre, la CGT, en tant que partie civile, a fait état des dangers persistants sur le site, interpellant ainsi sur la responsabilité des dirigeants face à des conditions de travail jugées risquées. L'avocate de la famille a rappelé que la victime n'était pas au courant des risques liés à la rambarde amovible. La question de la responsabilité demeure centrale dans cette affaire qui devrait faire jurisprudence.
Les avocats de la défense ont plaidé pour une relaxe, tandis que le ministère public a requis des amendes de 150 000€ pour Total Energies et de 50 000€ pour Bataille. Le verdict sera rendu le 19 février prochain, et il va sans dire que son impact pourrait avoir des répercussions significatives sur les normes de sécurité dans le secteur.







