Face à un manque croissant de place dans les cimetières, de nombreuses familles chinoises ont trouvé une solution surprenante : conserver les cendres de leurs proches dans des logements économiques. Cette pratique, surnommée en mandarin “gu hui fang”, se répand de plus en plus.
La Chine traverse une période de profond changement social, exacerbée par une urbanisation fulgurante et un vieillissement de la population. En 2025, le pays a enregistré 11 millions de décès, rendant la gestion des restes mortels particulièrement complexe. Le manque d'espace dans les villes complique encore davantage la situation, soulignant l'urgence d'une réévaluation des traditions funéraires.
Une flambée des coûts funéraires
Ce manque d'espace a un impact direct sur le coût des funérailles et des concessions dans les cimetières. Une étude récente de l'assureur Sun Life révèle que le coût moyen d'un enterrement en Chine équivaut presque à six mois de salaire. Ce prix, exorbitant pour de nombreuses familles, pousse ainsi un nombre toujours croissant d’entre elles vers les appartements à cendres.
Plus qu’un simple lieu de stockage, ces appartements sont souvent aménagés en sanctuaires, décorés avec des autels, des photos des défunts et des éléments symboliques tels que des lumières rouges et de l’encens. Les familles possèdent les clés et viennent honorer leurs proches quand bon leur semble.
Un marché en pleine expansion
Le marché immobilier chinois regorge d'appartements vacants, avec plus de 60 millions d'unités non occupées au printemps 2026. Dans certaines provinces, les prix chutent à moins de 15 000 euros, rendant cet aménagement accessible même aux familles à revenu modeste.
Cependant, cette pratique, longtemps ignorée par les autorités, vient de susciter l'attention du gouvernement central, qui a récemment annoncé une législation interdisant le stockage des urnes dans ces résidences transformées en cimetières privés. Les familles devront désormais choisir entre des concessions funéraires classiques ou d'autres options moins coûteuses, telles que la dispersion des cendres en mer. Comme le souligne Le Monde, cette décision pourrait réorienter les traditions funéraires vers des pratiques plus durables.







