Malgré un arsenal d'aides d'État dédié à l'automobile, les ventes de véhicules neufs continuent de chuter. Dans un rapport récemment présenté au Sénat, la cour des comptes propose un recentrage des aides en faveur des ménages modestes, pour contrer le déclin d'un secteur en difficulté. Selon l'institution, les dispositifs actuels sont trop éparpillés et n'atteignent pas leurs objectifs en matière de production de véhicules électriques.
Entre 2018 et 2024, les aides gouvernementales se chiffrent à 18 milliards d'euros. Parmi celles-ci, 9,4 milliards sont destinées à la demande, comprenant des primes à la conversion et des bonus écologiques, mais elles semblent n'avoir que peu d'impact sur le marché. En effet, la France a observé une baisse significative des ventes, passant de 2,2 millions de véhicules neufs en 2019 à 1,6 million prévu pour 2025. La production a quant à elle chuté de 59 % entre 2000 et 2024, comme le souligne un rapport de FranceInfo.
"nous sommes encore loin des objectifs fixés pour 2030" – Carine Camby, Cour des comptes.
En 2024, parmi les 205 000 voitures électriques achetées, 83% ont bénéficié d'une aide, mais une grande partie de ces aides est allée à des ménages moins touchés par les difficultés financières. En effet, 56 % des véhicules soutenus concernent des ménages des déciles les plus élevés, comme le note un article du Monde.
Christine Lavarde, sénatrice et rapporteuse spéciale, appelle également à réduire l'effet d'aubaine lié aux aides. Elle argumente que le montant actuel de la prime à l'achat, qui monte à 5 700 euros pour les ménages précaires, n'est pas suffisant pour influencer la décision d'achat d'un véhicule à 47 000 euros. Elle recommande donc de limiter les aides à un public plus ciblé pour permettre une augmentation des montants.
Les enjeux sont considérables. Les prévisions estiment qu'à terme, la transition vers l'électrique pourrait entraîner la disparition de 40 000 emplois, même si elle pourrait en créer 35 000, d'après des analyses du secteur automobile recoupées avec des estimations d'Elabe. La cour des comptes insiste également sur la nécessité de réduire le plafond de prix pour les véhicules éligibles aux aides, afin de concentrer les soutiens sur des modèles moins onéreux.







