À Hong Kong, les majestueux kapokiers, prisés par les photographes au printemps, voient leur floraison changer. Les défenseurs de l'environnement s'inquiètent des répercussions du réchauffement climatique sur ce phénomène naturel.
Localement appelés "arbres héros", ces arbres se parent de fleurs rouge vif au moment où leurs branches nues se révèlent exceptionnellement belles. Toutefois, ces dernières années, cette floraison emblématique s’est estompée, avec des feuilles qui persistent au sein de l'arbre au lieu de tomber comme auparavant, un phénomène qui interpelle les chercheurs.
"Il n'est plus rare de voir des arbres arborant simultanément fleurs et feuilles," explique Lam Chiu-ying, ancien directeur de l'Observatoire de Hong Kong. "Dans certains cas, la moitié de l’arbre porte encore un feuillage verdoyant tandis que l'autre moitié s'épanouit en fleurs rouges."
Originaires d'Asie tropicale et subtropicale, les kapokiers n'ont pas échappé aux effets des hivers de plus en plus doux causés par le changement climatique. En effet, Hong Kong a récemment enregistré son hiver le plus chaud, avec des températures atteignant en moyenne 19,3 °C entre décembre et février, soit deux degrés au-dessus des normales habituelles, selon un communiqué de l'Observatoire.
Angie Ng, écologiste et responsable de la conservation chez The Conservancy Association, fait remarquer que cette année, les arbres ont fleuri environ deux semaines plus tôt qu'à l'accoutumée. "Cette situation est sans doute due à des facteurs climatiques comme la température et l'humidité," précise-t-elle.
Les kapokiers semblent être contraints de partager leurs ressources entre les anciennes feuilles et les nouvelles fleurs, ce qui pourrait affecter la quantité de fleurs produites. Cette situation pose également un risque pour la faune environnante, car les fleurs fournissent nectar aux oiseaux et pollen aux abeilles.
"Les écosystèmes sont comme une toile interconnectée," souligne Mme Ng. "Quand les calendriers naturels des plantes et des animaux ne correspondent plus, cela crée des effets en chaîne qui impactent non seulement les animaux dépendants de ces plantes, mais également l'ensemble des chaînes écologiques."







