Ce mercredi, la Cour suprême des États-Unis se penche sur une question fondamentale pour l'identité américaine : la citoyenneté liée à la naissance sur le sol américain. Cette problématique est remise en question par Donald Trump, qui sera présent pour cet événement rare.
Les neuf juges, composés de six conservateurs et trois progressistes, devront examiner le recours du gouvernement contre les décisions des juridictions inférieures, qui ont toutes jugé inconstitutionnel un décret signé par Trump à son retour à la Maison Blanche.
Ce décret controversé vise à modifier le droit du sol qui permet aux enfants d'immigrés en situation irrégulière de devenir citoyens américains. Trump considère cette loi comme une incitation à l'immigration non souhaitée.
La présence de Donald Trump, pour assister en personne aux débats à partir de 10 heures (14 heures GMT), souligne l'importance qu'il accorde à cette question. Il s'agit d'un événement inédit pour un président en exercice, comme l'indiquent plusieurs médias américains.
Trump a souvent critiqué la Cour suprême depuis qu'elle a invalidé ses droits de douane au mois de février, qualifiant les juges de "juges idiots" et exprimant sa colère contre le système judiciaire américain sur son réseau social Truth Social.
Le 14ème amendement, qui garantit le droit du sol, stipule que toute personne née sur le territoire américain est automatiquement un citoyen. Ce principe existe depuis plus de 150 ans et a été confirmé par un arrêt en 1898, qui reconnaissait Wong Kim Ark, fils d'immigrants chinois, comme citoyen américain.
Toutefois, le décret impose des restrictions sur la délivrance de documents de citoyenneté aux enfants nés de mères en situation irrégulière ou temporaire, incluant ceux dont les parents détiennent des visas étudiants, de travail ou de tourisme.
Le conseiller juridique de Trump, John Sauer, a argué que le 14ème amendement ne s’applique pas aux enfants de visa temporaires, soulignant qu’ils n’ont pas d’allégeance directe aux États-Unis. En revanche, l'ACLU, une organisation de défense des droits civiques, avertit que ce décret pourrait redéfinir les bases même de la citoyenneté américaine.
Les implications de ce débat sont considérables : selon une étude de l'université Penn State, une révocation de ces droits pourrait entraîner une augmentation significative des immigrants clandestins aux États-Unis d'ici 2045. La décision de la Cour est attendue avant la fin de la session annuelle, qui se termine en juin.







