Les quatre astronautes, dont trois Américains et un Canadien, de la mission Artémis II ont amerri vendredi soir, conforme aux prévisions, au large des côtes californiennes, clôturant ainsi une mission-test autour de la Lune, cinquante ans après Apollo.
"Houston, ici Integrity. Nous vous recevons parfaitement", a annoncé le commandant Reid Wiseman, une fois la phase critique de la réentrée dans l'atmosphère à plus de 30 fois la vitesse du son surmontée.
Partis le 1er avril depuis la Floride, les astronautes ont voyagé plus loin dans l'espace que quiconque auparavant. Ils rapportent des centaines de gigaoctets de données de ce premier voyage lunaire depuis Apollo 17 en 1972, selon des informations relayées par le site Space.com.
Diffusé en direct sur plusieurs plateformes, leur trajectoire les a emmenés derrière la Lune, leur permettant de capturer la Terre se couchant derrière le satellite naturel, tout en affichant des teintes grises et brunes.
La capsule Orion a atterri en douceur dans les eaux du Pacifique, près de San Diego, grâce à d'immenses parachutes, à 17h07 heure locale (00h07 GMT samedi) ; un timing impeccable par rapport à ce qui avait été planifié par la NASA.
La Marine américaine est en route pour procéder à leur récupération, selon le protocole en vigueur depuis l'époque de Neil Armstrong.
Ce retour sain et sauf a apporté un immense soulagement aux familles des astronautes et constitue un succès indéniable pour la NASA, après des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars, des années de retard et de nombreux questionnements sur l'intérêt de redémarrer l'exploration lunaire.
- Bouclier thermique -
Le bouclier thermique de la capsule Orion, qui avait suscité des craintes au sein de la NASA après des défaillances lors d'un test en 2022, semble avoir survécu aux températures atteignant 2.700°C lors de la phase de réentrée.
L'agence spatiale avait opté pour le même bouclier, mais avait ajusté la trajectoire pour atténuer les risques. Une décision qui a alimenté de nombreux débats.
"Je ne vais y penser qu'à cela jusqu'à ce qu'ils soient à l'eau", a avoué récemment Jared Isaacman, le chef de la NASA, dans une interview.
- Objectif 2028 -
Ce vol faisait partie d'une série de tests ayant pour but de confirmer la fiabilité de la fusée Space Launch System (SLS) ainsi que celle du vaisseau Orion, en vue du retour des astronautes sur la surface lunaire, et d'autres missions vers Mars à venir.
La NASA envisage une autre mission en 2027, sans atteindre la Lune, avant d'envoyer des astronautes sur son sol en 2028 lors de la quatrième mission Artémis, dans le cadre du dernier mandat de Donald Trump… et potentiellement avant que la Chine n'envoie ses taïkonautes sur la Lune en 2030, selon les déclarations de l'agence spatiale chinoise.
Cependant, des experts expriment leurs doutes quant à la capacité des entreprises d'Elon Musk et Jeff Bezos à livrer les alunisseurs à temps pour 2028.
L'Agence spatiale européenne a également reconnu qu'elle devait négocier pour maintenir la participation d'un Japonais et d'un Allemand dans les futures missions Artémis, suite à des modifications apportées au programme.
D'ici là, la NASA espère, à travers le projet Artémis, raviver l'intérêt des Américains pour l'exploration spatiale. Comme l’a dit le commandant Reid Wiseman cette semaine, l'objectif était aussi de "permettre au monde de faire une pause, le temps d'un instant".







