Alors que l'Iran fait planer des incertitudes sur la présence de mines dans le détroit d'Ormuz, Donald Trump a récemment évoqué une opération de déminage. Toutefois, cette initiative pose un véritable défi pour l'armée américaine, qui ne possède pas une expertise approfondie en la matière.
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Deux destroyers américains ont été mobilisés pour assurer un déminage dans le détroit d'Ormuz, une mission qui suscite de nombreux débats. Mais une telle opération est-elle réellement envisageable ? Depuis plusieurs semaines, les forces iraniennes alimentent la suspicion au sujet d'éventuelles mines, suggérant aux navires de choisir des routes alternatives pour éviter les dangers, comme l'indiquent des cartes diffusées par les Gardiens de la Révolution.
Dans un contexte aussi délicat, l'armée américaine, dont le déminage maritime n'est pas sa principale spécialité, se trouve confrontée à des interrogations. "L'objectif des deux navires était davantage de dissuader que d'intervenir. Bien qu'ils soient des destroyers de classe Arleigh Burke, ils ne sont pas conçus pour le déminage. Aux États-Unis, seulement 1 % du budget naval est consacré à cette spécialité", analyse Louis Borer, expert chez Risk Intelligence.
Pas de déminage avant un cessez-le-feu ?
Quelles capacités possèdent donc les États-Unis pour cette mission ? La marine utilise principalement des dragueurs de mines de classe Avenger, en service depuis les années 1990, ainsi que des frégates légères modernes, les LCS, dotées de compétences en déminage. Cependant, une opération fructueuse ne peut être mise en œuvre qu'après un accord de paix, ce qui n'est pas le cas actuellement. "Il est techniquement possible de déminer en temps de guerre, mais cela engendrerait des pertes et des dégâts. Une opération bien structurée ne pourra avoir lieu qu'une fois un cessez-le-feu durable établi, accompagné de vérifications nécessaires qui prolongeraient le processus", tempère Sylvain Domergue, doctorant en géographie à Sciences-Po Bordeaux.
En effet, la mine reste avant tout un instrument psychologique. La simple éventualité de sa présence suffit à créer un climat de paranoïa. Qu'il s'agisse de mines dérivantes ou fixées sur le fond marin, évaluer la menace est complexe. Ainsi, lorsqu'il déclare : "Nous allons procéder au déminage du détroit d'Ormuz", Donald Trump semble davantage propager un message stratégique qu'initier une véritable opération militaire.







