Le gouvernement autrichien a décidé d'expulser trois employés de l'ambassade de Russie soupçonnés d'activités d'espionnage. Beate Meinl-Reisinger, ministre des Affaires étrangères, a déclaré qu'il s'agissait d'un « changement de cap » face à un « problème de sécurité » qu'elle considère sérieux. Selon le groupe audiovisuel public ORF, les installations russes à Vienne pourraient être utilisées pour espionner des organisations internationales telles que l'ONU et l'OPEP.
« L'utilisation de l'immunité diplomatique pour pratiquer l'espionnage est inacceptable », a ajouté la ministre. La ville de Vienne est renommée pour être un véritable centre d'espionnage, en raison d'un cadre législatif plutôt permissif, avec près de 220 employés accrédités à l'ambassade russe.
Décision jugée « scandaleuse » par Moscou
En réponse, l'ambassade de Russie a dénoncé cette expulsion, qualifiant la décision d'« scandaleuse » et « totalement injustifiée ». Les autorités russes accusent l'Autriche d'agir pour des « raisons politiques » et menacent d'une « réaction ferme ». Cette tension fait suite à des préoccupations grandissantes concernant l'espionnage en Europe, où des réseaux russes sont de plus en plus surveillés.
Le service autrichien de renseignement (DSN) avait déjà noté en 2024 que l'ambassade russe à Vienne représentait un important point stratégique pour des activités d'espionnage. Son volume d'employés excède largement les besoins d’une simple représentation diplomatique, indiquant une vocation plus douteuse.
L'Autriche, un « nœud stratégique majeur » en Europe
Le pays, qui compte 9,2 millions d'habitants et est membre de l'Union européenne, a expulsé plus d'une dizaine de diplomates russes depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022. L'espionnage est légal en Autriche, tant qu'il ne nuit pas aux intérêts du pays hôte, mais des scandales récents ont terni l'image de Vienne parmi les services de renseignements occidentaux.
Selon ORF, le gouvernement autrichien envisage d'élargir ses mesures contre l'espionnage en visant également d'autres bureaux de l'UE et des organisations internationales basées à Vienne. Une législation pourrait être proposée pour interdire le recrutement d'agents par des services de renseignement étrangers, renforçant ainsi la sécurité nationale.







