Un procès marquant s'est ouvert ce lundi en Belgique, où un homme de 38 ans fait face à des accusations de sept meurtres. Ce drame s'est produit au carnaval de Strépy-Bracquegnies, où il a percuté une foule en 2022.
Apparemment accablé, Paolo Falzone s'est présenté devant la cour à Mons, entouré de proches des victimes et de blessés soucieux d'obtenir des réponses. Florian Devise, gravement blessé lors de l'incident, a exprimé son espoir : "On va être solides, ensemble pour surmonter cette épreuve".
Le tragique accident a eu lieu tôt le matin du 20 mars 2022, lorsqu'une voiture a foncé dans un groupe rassemblé pour le carnaval, connue pour ses Gilles en costumes traditionnels. Falzone, revenant d'une nuit en boîte de nuit, ne pouvait éviter le cortège.
Avec une vitesse atteignant 174 km/h, bien au-dessus de la limite de 50 km/h, il a provoqué un choc dévastateur. Au total, six personnes sont mortes sur le coup, et le bilan a atteint une quarantaine de blessés, certains gravement touchés. Un septième décès a eu lieu en 2024.
Ce procès se déroule devant une cour d'assises, une rareté pour ce type d'accident, dans un hall d'exposition pouvant accueillir près de 200 parties civiles. Parmi ces victimes, on trouve Lorena Cascarano, qui a perdu ses parents et son oncle. "Je reste dans l'incompréhension et je cherche des explications", a déclaré l'étudiante de 27 ans, éprouvée par cette perte.
Paolo Falzone, connu pour ses excès de vitesse, risque jusqu'à trente ans de prison. Son ami et passager, Antonino Falzone, est également jugé pour non-assistance à personne en danger, encourant deux ans de prison.
L'avocat de Falzone, Frank Discepoli, conteste la qualification de "meurtres", affirmant que son client n'a jamais eu l'intention de nuire. Toutefois, les parties civiles et l'accusation insistent sur le caractère intentionnel de l'acte, rendant la situation tragiquement plus complexe.
Me Jean-Philippe Mayence, représentant une centaine de victimes, souligne l’absurdité de considérer l'accident comme un acte involontaire. Les jurés devront déterminer pourquoi il a fallu un kilomètre à Falzone pour s'arrêter après l'accident, malgré les conséquences catastrophiques.
L'accusé a déclaré aux enquêteurs qu'il avait poursuivi sa route par crainte de la réaction du public. Étonnamment, il se filmait au volant pour partager son expérience sur les réseaux sociaux, ce qui a contribué à son inattention au moment des faits.
Le premier jour d’audience sera consacré à la lecture de l’acte d’accusation et au premier interrogatoire des accusés.







