L'ancien président Roumen Radev a été officiellement désigné Premier ministre de Bulgarie après sa victoire aux élections législatives anticipées. Ce moment est considéré par de nombreux Bulgares comme un tournant vers une stabilité tant attendue.
Dans ses déclarations, M. Radev a souligné l'importance d'avoir des institutions solides pour défendre les valeurs démocratiques, affirmant que les Bulgares ont voté pour une majorité claire en faveur d'une seule force politique. Il est rusé dans sa volonté de renouer le dialogue avec Moscou.
Dès sa nomination, il a remis à la présidente Iliana Iotova la liste de ses ministres, qui sera soumise au vote du Parlement. Les observateurs politiques espèrent que ce nouveau gouvernement pourra répondre efficacement aux défis urgents qui se présentent, tels qu'un budget à préparer pour 2026, une inflation croissante, et un système judiciaire en crise.
Roumen Radev, connu pour sa détermination à demokratiser l'Etat, doit s'attaquer de front à des réformes anticorruption qui sont cruciales pour débloquer près de 400 millions d'euros de soutiens de l'UE. Son gouvernement, essentiellement composé de proches et de conseillers de sa précédente administration, reflète son approche méthodique.
Au sein de ce cabinet, des figures notables comme Dimitar Stoyanov à la Défense et Ivan Demerdjiev à l'Intérieur soulignent sa confiance envers des acteurs expérimentés. La diplomatie sera dirigée par Velislava Petrova, une ancienne vice-ministre des Affaires étrangères, ce choix marquant un désir d'harmoniser les relations extérieures du pays.
Selon une source proche de Radev, celui-ci est inflexible face aux fuites d’informations, un trait qu’il attribue à sa formation militaire. Pour la première fois depuis 30 ans, la Bulgarie dispose d'un gouvernement soutenu par une majorité absolue, un développement que les défenseurs de la stabilité politique accueillent avec optimisme.
L'ombre de l'étiquette prorusse plane sur Radev, qui, bien qu'il ait critiqué les politiques énergétiques de l'UE, a tenu à préciser qu'il n'y aurait aucun virage radical dans la politique étrangère, soutenant que les relations de Bulgarie avec l’Ukraine resteront prudentes.
"Il n’y aura pas de changements extrêmes", a déclaré Petar Vitanov, chef de son groupe parlementaire, soulignant une position modérée vis-à-vis des relations internationales.
Sur le plan économique, Radev fait face à de sérieux défis. Le déficit budgétaire est préoccupant, dépassant largement le seuil de 3 % du PIB. L’inflation, à 7,1 % en avril, est due en partie à la hausse des prix de l'énergie, ce qui augmente la pression sur le gouvernement pour qu'il prenne des mesures.
Latchezar Bogdanov, économiste à l’Institut pour l’économie de marché, a mis en garde contre le risque d’accroître la dette publique. Selon lui, il est impératif que le nouvel exécutif maîtrise les dépenses pour éviter une aggravation de la situation.
Dans ce contexte délicat, une gestion prudente des ressources et une lutte contre les monopoles seront primordiales pour stabiliser l’économie et éviter des aides publiques mal ciblées. Le pays attend avec impatience la mise en œuvre des promesses de Radev, marquant peut-être le début d'une nouvelle ère pour la Bulgarie.







