Le sommet de trois jours débutant ce mercredi entre Xi Jinping et Donald Trump représente pour la Chine une opportunité d'affirmer sa puissance sur la scène internationale, à un moment où Washington montre des signes d'imprévisibilité.
Prévu pour le 13 mai, ce rendez-vous historique est le premier d'un président américain en Chine depuis 2017, soulignant ainsi l'importance de cette rencontre pour Pékin. « L'objectif est d'élargir la coopération et de gérer les différends afin d'apporter stabilité et certitude dans un monde en pleine mutation », a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Les échanges commerciaux constitueront sans aucun doute le cœur des discussions, après une année marquée par une escalade des tensions commerciales, notamment à travers des droits de douane et des restrictions. Les points sensibles incluent l'intelligence artificielle, la diplomatie au Moyen-Orient et le dossier de Taïwan, reflet des défis auxquels fait face la Chine selon diverses analyses (source : Franceinfo).
Avancer prudemment sur la guerre au Moyen-Orient
Pékin garde un œil attentif sur les conflits éclatés entre les États-Unis, Israël et l'Iran, dont les répercussions se font déjà sentir sur son économie. Malgré une relation historique avec Téhéran, certains experts, comme Marc Julienne de l’Institut français des relations internationales, estiment que Xi Jinping pourrait être amené à demander des concessions à l'Iran sous la pression américaine. « L'Iran sera au centre des discussions, c'est inévitable », prévient Julienne.
La prudence de la Chine s'explique par sa dépendance à l'égard du pétrole iranien. Camille Brugier, spécialiste en politiques commerciales, souligne les conséquences économiques potentielles que ce conflit peut entraîner, avec des prix du pétrole en forte hausse, impactant directement l’économie chinoise.
Gérer les conséquences économiques du conflit
Alors que le détroit d'Ormuz est quasi fermé, les analystes s'inquiètent des augmentations inéluctables des coûts de production pour certaines industries, comme celle du plastique, indispensable à l'économie. « La montée des prix du gaz a déjà dérangé le marché intérieur », explique Brugier. La Chine, bien que protégée par ses réserves stratégiques, doit naviguer prudemment à travers ces incertitudes économiques.
Stabiliser les relations commerciales avec Washington
Les relations bilatérales, exacerbées par une guerre commerciale d'une durée d'un an, doivent maintenant trouver un terrain d'entente. Les droits de douane instaurés pourraient être discutés, une occasion pour Pékin de stabiliser ses relations avec les États-Unis. Trump a même envisagé des mesures pour encourager l’ouverture du marché chinois aux entreprises américaines, renforçant ainsi les liens économiques (source : Franceinfo).
Rendre inéluctable le rattachement de Taïwan à la Chine
La question de Taïwan reste cruciale pour Xi Jinping. Pour lui, il est impératif de démontrer que l'indépendance de l'île n'est pas une option. « C’est une préoccupation essentielle, et Pékin travaille à affaiblir psychologiquement les Taïwanais », précise Camille Brugier. Dans ce contexte, les discussions sur d'éventuelles ventes d'armes américaines à Taïwan soulèvent des tensions significatives.
Se poser comme seule puissance "stable" face aux États-Unis
Ce sommet est également perçu comme une opportunité pour la Chine de se positionner comme une puissance stable dans un monde de plus en plus incertain. Xi Jinping entend profiter des turbulences politiques américaines pour renforcer son influence. « La Chine est en position de force en ce moment et souhaite montrer cette puissance », conclut Brugier.
« Les États-Unis sont parfois le concurrent principal de la Chine, mais aussi un acteur essentiel. À travers cette réception, Xi Jinping veut prouver que la Chine est une superpuissance à égalité avec Washington. »
Camille Brugier, spécialiste des politiques commerciales et technologiques chinoises







