Google s'apprête à déployer des fonctionnalités innovantes qui transformeront la manière dont les utilisateurs accèdent aux résultats de recherche en France. Alors qu'elles ont déjà séduit d'autres pays, leur arrivée suscite des inquiétudes quant à l'impact sur le trafic des médias et des créateurs de contenu.
Selon des sources comme Ouest-France et Le Figaro, les « aperçus IA » permettront à Google de fournir des résumés générés par une intelligence artificielle, positionnés au-dessus des liens traditionnels vers les sites de presse. Par ailleurs, le « Mode IA » offrira une interaction conversationnelle, similaire à celle d'un chatbot comme ChatGPT.
Ces outils reposent sur Gemini, le modèle de langage avancé de Google. Ce changement s'inscrit dans une stratégie plus large pour intégrer l'intelligence artificielle dans tous les services de l'entreprise, comme l'a souligné Google lors de sa conférence I/O au début de mai, annoncée comme la plus grande mise à jour de son moteur de recherche depuis 25 ans.
Ces outils font craindre une nouvelle baisse de l'audience en ligne des sites de presse
Déjà déployées dans différents pays européens, ces fonctionnalités étaient jusqu'à présent en attente de lancement en France, où Google fait face à des contentieux liés à la rémunération des médias. Leur introduction inquiète fortement les éditeurs : avec la mise en avant de résultats synthétiques générés par l'IA plutôt qu'une liste de sites à consulter, il est probable qu'un nombre croissant d'internautes renonce à cliquer vers les contenus originaux, pour des recherches sur des recettes ou pour se tenir informés sur l'actualité.
Une étude du Pew Research Center, publiée en juillet 2025, révèle que l'intérêt des internautes pour les liens diminue de moitié en présence de résumés IA. Un dirigeant de la presse régionale a alerté l'AFP, déclarant : "Le jour du lancement des aperçus IA, nous prévoyons une perte de 30 % de notre trafic en provenance de Google."
Une nouvelle base de négociation ?
La menace sur les revenus des médias pourrait pousser à de nouvelles négociations concernant la rémunération. En France, Google a déjà conclu des accords avec 450 éditeurs sur les droits voisins pour que les contenus soient rétribués lorsqu'ils sont utilisés. Selon une source bien informée, les nouveaux résumés IA seront également éligibles à cette rémunération. De plus, les éditeurs auront la possibilité de refuser l'utilisation de leurs contenus dans ces aperçus IA, sans affecter les résultats de recherche standards.
En conséquence, l'émergence de l'IA générative impose des transformations économiques significatives dans le paysage médiatique. Si certains média collaborent avec des entreprises d'IA, d'autres dénoncent les violations de leur propriété intellectuelle, comme l'a affirmé Arthur Gregg Sulzberger, le directeur du New York Times, qui accuse ces groupes de "pillage éhonté" de leur contenu.







