Les tensions se intensifient dans le Golfe suite à l'annonce de Téhéran concernant la fermeture du détroit d'Ormuz, entraînant une riposte militaire des États-Unis. Dimanche 12 juillet, la situation s'est envenimée, l'Iran déclarant que la voie navigable stratégique était désormais fermée.
Les États-Unis ont affirmé de leur côté que le détroit restait accessible, signalant une résurgence des affrontements entre les deux nations, malgré la signature le 17 juin d'un protocole censé mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l’attaque israélo-américaine contre l'Iran en février.
Selon un rapport d'Iran Press, l'après-midi, une attaque sur l'île de Farur a causé un mort et deux blessés, alors que le Koweït a notifié des tirs sur trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore, faisant également des blessés. L'accord de juin prévoyait une réouverture de ce passage crucial, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, sa récente fermeture ayant fait flamber les prix du brut.
Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, a déclaré que la fermeture du détroit d'Ormuz était « plus importante que des dizaines de bombes atomiques », alors que l'Iran est accusé de vouloir développer une arme nucléaire, accusation qu'il réfute. L'agence de presse Mizan Online a rapporté que le transit par le détroit n'était pas possible. En revanche, le Commandement central américain (Centcom) a affirmé que tous les navires étaient libres d'emprunter légalement cette voie maritime.
D'un côté, l'Iran a affirmé sa décision de fermer le détroit jusqu'à nouvel ordre, en raison d'une violation de ses claires restrictions maritimes. D'un autre, le Centcom a annoncé avoir réalisé environ 140 frappes sur des infrastructures militaires iraniennes, ciblant des sites de missiles, des dépôts de munitions et des réseaux de communication. Les médias iraniens ont rapporté des explosions au sud de l'Iran et en province de Khouzestan, où un militaire a perdu la vie, et l'Iran a déclaré avoir frappé une base militaire américaine au Qatar.
Les Émirats arabes unis et la Jordanie ont également mentionné avoir été touchés par des missiles iraniens, tandis que Bahreïn a activé son alerte aérienne. Plus innovant encore, l'Iran a revendiqué une attaque sur Oman, affirmant avoir détruit des bases de soutien aux porte-avions américains, selon l’agence Irib.
Appels à la désescalade
Face à cette escalade, le sultanat d'Oman, qui a récemment accueilli des discussions entre les ministres des Affaires étrangères des deux camps, a dénoncé les attaques. Ishaq Dar, ministre pakistanais des Affaires étrangères, a exhorté les antagonistes à faire preuve de retenue. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a également appelé à une reprise urgente des négociations.
Oman a encore annoncé avoir secouru 23 membres d’équipage d'un navire touché par une attaque en mer, signalant une intervention d'urgence dans une région déjà sous tension. D'après le Centcom, ce vaisseau, le GFS Galaxy, est un porte-conteneurs battant pavillon chypriote.
Les États-Unis ont intensifié leurs frappes en réponse à des attaques attribuées à l'Iran sur des navires commerciaux, mais ces actions risquent d'aggraver davantage les tensions régionales.







