Après des jours d'angoisse, les évacués de la région d'Andalousie, touchée par un incendie meurtrier, ont pu regagner leur domicile. "On a vraiment de la chance d'aller bien," témoigne Lore Van Moll, une Belge de 33 ans, qui a perdu son calme face à la violence des flammes qui ont dévasté son voisinage.
Les souvenirs des flammes, décrites par Lore comme une "lumière orange" omniprésente, hantent encore les esprits des rescapés. "C'est un énorme soulagement" admet-elle, rougissant d'émotion, après avoir déchargé ses affaires de voiture.
À quelques kilomètres d'Almería, le paysage est désolé, truffé de carcasses de voitures calcinées. "Nous savons qu'il y a un risque d'incendie en vivant ici," dit James Shellingford, un résident local de 60 ans, anéanti par la tragédie. "Nous avons toujours connu des feux, mais rien d'une telle ampleur."
Le président régional, Juan Manuel Moreno, a annoncé que le feu, déclenché par un câble électrique, était désormais stabilisé. "Cela signifie que les flammes ne se propagent plus", a-t-il précisé, indiquant que 7.000 hectares avaient été détruits.
Après la stabilisation, les évacués, environ 600 sur 1.500, ont pu retrouver la sécurité de leur foyer dans le calme précaire d'une situation désormais sous contrôle. Cependant, les larmes et la tristesse demeurent, notamment pour ceux qui ont perdu des proches ; parmi les 12 personnes décédées, beaucoup étaient des étrangers.
Un processus d'identification laborieux est en cours, comme l'indique le Centre espagnol d'intégration des données. "Les prélèvements sont difficiles, surtout pour les familles provenant de l'étranger", soulignent les autorités. Une Française a été officiellement portée disparue, présumée morte dans son véhicule en tentant d'échapper aux flammes, selon son mari, Jérôme Navarro. Son récit, partagé sur TF1, a ému la France tout entière.
Alors que la Garde civile poursuit les recherches, les chiffres pourraient encore évoluer. Pour l'instant, la nature impitoyable du changement climatique plaide pour une vigilance accrue. L'Espagne, déjà touchée par des vagues de chaleur extrêmes, s'attend à un été "compliqué" selon Juan Manuel Moreno.
Le Premier ministre Pedro Sánchez doit se rendre sur les lieux lundi, conscient que l'Espagne fait face à un défi environnemental d'une gravité sans précédent.







