En 1977, le sort d'Alberto Bravo s'est tragiquement scellé sur un parking de boîte de nuit à Bogotá. Une balle de Beretta a mis fin à la vie de ce magnat de la cocaïne, reconnu pour ses liens avec New York. Mais derrière le succès de Bravo se cachait une femme redoutable : Griselda Blanco, surnommée 'La Madrina'. Prête à éliminer tous les obstacles, elle n'hésita pas à faire usage de violence lorsque son mari commença à représenter une menace pour ses ambitions.
Née le 15 février 1943 à Carthagène des Indes, en Colombie, Griselda a été façonnée par une enfance difficile au cœur d'une guerre civile. Sa mère, souhaitant fuir, déménage à Medellin, où la petite fille se retrouve plongée dans la violence. Pour survivre, elle n’hésite pas à dérober de l’argent aux malheureux passants et, à 14 ans, entre dans le monde de la prostitution.
Son parcours l’amène à rencontrer Carlos Trujillo, un trafiquant de marijuana, avec qui elle se marie en 1959. Ce mariage marque le début de ses premières incursions dans le narcotrafic. Toutefois, le décès mystérieux de Trujillo en 1970 la pousse à élargir son horizon et à s’intéresser sérieusement à la cocaïne, en s’associant avec Alberto Bravo, un autre acteur du milieu du narcotrafic.
Des sachets de cocaïne cachés dans les soutiens-gorges
Griselda et Alberto réussissent à contrôler 90% du marché de la cocaïne à New York. Une de ses inventions les plus audacieuses fut de créer des soutiens-gorges spéciaux pour ses mules, dans lesquels des sachets de drogue étaient habilement dissimulés. Cette méthode a révolutionné le transport de la cocaïne à grande échelle. En 1976, pour le bicentenaire des États-Unis, elle fait parvenir un voilier affrété et chargé de 100 kg de cocaïne au port de New York, illustrant ainsi la puissance de son réseau criminel.
Le rapport compliqué avec Alberto Bravo finit par se heurter à ses ambitions grandissantes. En effet, alors qu’elle commençait à collaborer avec des figures notoires du narcotrafic tels que Pablo Escobar, elle n’a pas hésité à se débarrasser de son époux, le considérant comme un fardeau. Cela souligne combien elle était déterminée à régner sans partage dans cet univers impitoyable.
Dans un contexte où le narcotrafic paraît omniprésent, l’héritage de Griselda Blanco continue de fasciner, non seulement pour ses méthodes audacieuses, mais aussi pour la façon dont elle a su naviguer dans un monde masculin. Comme l’a soutenu l'expert en narcotrafic, le Dr Pierre Laville : "Blanco est un symbole de la façon dont le pouvoir peut s’exercer même en étant une femme dans un monde dominé par les hommes". La vie de Griselda Blanco reste une tragédie aussi captivante que celle de nombreuses grandes figures de l'histoire criminelle.







