Caracas (AFP) – Delcy Rodriguez a officiellement prêté serment en tant que présidente par intérim du Venezuela, marquant une étape cruciale pour le pays. Suite à l'arrestation de Nicolas Maduro, qui a récemment plaidé non coupable lors de son audience à New York, Rodriguez se trouve à la tête d'un gouvernement qui traverse une crise sans précédent.
« C'est avec un immense chagrin que je me tiens devant vous, en raison de l'enlèvement de deux héros que sont nos compatriotes retenus par les États-Unis », a déclaré Rodriguez, qui était vice-présidente et première dans l'ordre de succession. Ce soutien infaillible des forces armées vénézuéliennes témoigne de son nouveau rôle dans ce contexte délétère.
La cérémonie d'investiture, hautement symbolique, s'est déroulée devant Jorge Rodriguez, le président réélu de l'Assemblée nationale, ainsi que Nicolas Maduro Guerra, fils de Nicolas Maduro, qui a porté la Constitution. Comme le rapporte le quotidien vénézuélien El Universal, la scène était empreinte d'émotion, avec un placard vide dédié à Cilia Flores, l'épouse de Maduro, également aux mains des autorités américaines.
Alors que la situation du pays devient de plus en plus complexe, les partisans de Maduro continuent de clamer « Vamos Nico ! », témoignant d'une loyauté indéfectible envers leur chef. Ce soutien a été réaffirmé dans l'Assemblée par Fernando Soto Rojas, qui a qualifié l'arrestation de Maduro d'« attaque barbare ». Les experts politiques affirment que cette rupture au sommet pourrait entraîner des répercussions profondes sur la stabilité politique du pays.
Rodriguez, bien consciente des enjeux, a insisté sur l'importance d'un dialogue ouvert avec la communauté internationale, affirmant : « Le Venezuela ne cherche ni privilèges ni concessions, mais exige le respect. Nous aspirons à des relations équilibrées et constructives, sans ingérence ». Cette déclaration a suscité des applaudissements nourris dans l'Assemblée, soulignant le besoin urgent d'une voie nouvelle dans un climat de tensions croissantes.
Étant donné la crise économique et politique perdurant au Venezuela, les appels à la réconciliation et à l’amnistie se multiplient. Stalin Gonzalez, l'un des rares députés d'opposition, a exprimé des craintes face à la persécution politique et a appelé à une amnistie pour les prisonniers politiques. La complexité de la situation pourrait pousser le gouvernement vers une reconduction des dialogues, malgré les positions antagoniques.
Avec l’arrestation de Maduro, le pays pourrait s'acheminer vers un bouleversement collectif. Alors que la communauté internationale observe de près, les enjeux restent considérables pour la stabilité future du Venezuela et la restitution des libertés civiles. Le chemin à suivre sera semé d'embûches et nécessitera une volonté affichée de changement, tant en interne que sur la scène internationale.







