Faustin-Archange Touadéra, président de la République Centrafricaine depuis 2016, a été réélu avec 76,15 % des voix lors des élections du 28 décembre 2025. Malgré cette victoire écrasante, le processus électoral est teinté par des accusations d'irrégularités formulées par l'opposition, en particulier par son principal rival, Anicet-Georges Dologuélé, qui a contesté les résultats et demandé leur annulation.
Le taux de participation s'est élevé à 52,43 %, avec des scrutins simultanés pour les municipales et les législatives. Les résultats définitifs sont attendus à la mi-janvier, après l'examen des potentiels recours. En 2020, Touadéra avait également été réélu dans des circonstances similaires, avec des suspicions de fraude qui avaient terni sa victoire.
En réponse à ces accusations, le porte-parole de Touadéra a réfuté les allégations, les qualifiant de « fausses » et a mis en garde contre les « troubles » qui pourraient en découler. Le candidat Henri-Marie Dondra, arrivé troisième, a également demandé l'annulation des résultats, dénonçant une « incapacité » à organiser des élections justes de la part de l'Autorité nationale des élections.
Sur le terrain, les observateurs de l'Union africaine ont déclaré que les élections avaient été « apaisées » et ont loué le respect des procédures légales, notant une évolution positive par rapport aux précédentes élections. Cependant, plusieurs analystes estiment que malgré ces avancées, le climat politique demeure instable et pourrait mettre à mal les promesses de paix. Un enjeu crucial dans un pays qui, après des années de conflits internes, commence à se relever.
Notre correspondant à Bangui, citant des experts locaux, souligne que Touadéra se présente comme le « candidat de la stabilité », un terme qui résonne dans un pays encore fragilisé par des années de guerre civile. Bien que le gouvernement contrôle désormais 90 % du territoire, les défis demeurent immenses, notamment en matière de pauvreté, de chômage et d'insécurité persistante, particulièrement à l'est du pays.
AU-delà des polémiques politiques, la situation économique des 5,5 millions de Centrafricains n'est pas à négliger. Environ 71 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, une situation aggravée par la montée des prix et le manque d'infrastructures essentielles. L'intervention de groupes paramilitaires comme Wagner a contribué à la sécurisation des opérations de vote, mais suscite également des inquiétudes sur la souveraineté nationale.







