Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a fait part de ses inquiétudes lors d'une conférence de presse mardi, déclarant que tenir des élections à ce stade serait "une erreur". Cette déclaration survient alors qu'il fait face à des pressions croissantes pour faire adopter le budget de l'État avant le 31 mars. Si cet objectif n'est pas atteint, la loi israélienne entraînerait automatiquement la dissolution de la Knesset et la tenue d'élections anticipées.
"Bien sûr que je suis inquiet […] nous nous trouvons dans une situation très délicate", a-t-il affirmé, ajoutant que des élections anticipées ajouteraient à la crise actuelle dans laquelle se trouve le pays. Netanyahou a appelé ses alliés à agir de manière responsable alors que le projet de loi de finances doit être discuté lors d'une première lecture mercredi.
À 76 ans, et après avoir passé plus de 18 ans à diriger le gouvernement israélien, le leader du Likoud s'attend à remporter les prochaines élections. Cependant, il devra d'abord convaincre les partis ultra-orthodoxes, qui ont quitté la coalition mais hésitent à voter le budget tant que la promesse d'une loi sur la conscription n’est pas respectée. Cette loi permettrait à leurs électeurs d’être exemptés du service militaire.
La situation est d'autant plus complexe qu’elle fait suite à un projet de réforme de la justice qui a profondément divisé le pays, en particulier avant le déclenchement d’un conflit avec le mouvement islamiste Hamas le 7 octobre dernier. Comme l’indique le journal Le Monde, la gestion de cette guerre et des crises d'otage affecte durement la popularité de Netanyahou, qui reste néanmoins favori dans les sondages pour mener une future élection.
Les prochaines semaines seront donc cruciales pour le gouvernement, alors que la législature doit se terminer en novembre, et les politiques en place devront naviguer cette période délicate avec précaution.







