L'essentiel
La récente taxe française de deux euros sur les colis d'une valeur inférieure à 150 euros en provenance de l'extérieur de l'Union européenne visait à limiter les importations de mode abordable. Pourtant, des plateformes comme Shein, Temu et AliExpress semblent avoir trouvé une astuce pour contourner cette réglementation.
Un contournement par d'autres aéroports
Entrée en vigueur le 1er mars, cette taxe a forcé les entreprises à être plus créatives. En effet, pour que des frais douaniers soient imposés, les marchandises doivent arriver directement en France depuis un pays non européen. Des plateformes d'e-commerce chinoises en ont profité pour rediriger leurs cargaisons. Au lieu d'atterrir à l’aéroport de Roissy, les avions cargos font désormais escale en Belgique, aux Pays-Bas ou en Hongrie avant de faire entrer les marchandises en France par camion. Ce procédé leur permet d’échapper à la taxe.
Une chute de déclarations douanières de petits colis de 92 %
Selon des données de l'Union des entreprises de transports et de logistique de France (TLF), les liaisons cargo en provenance de Chine ont chuté de 60 %, soit environ cinquante vols en moins par semaine. Le Groupe ADP, qui administre Roissy, a récemment observé une baisse d'un tiers de son trafic total de fret. En comparaison, le nombre de petits colis arrivant à Roissy a chuté de 92 % depuis l'entrée en vigueur de la taxe, par rapport aux chiffres de l’année précédente, comme rapporté par RMC.
D'après plusieurs employés de la zone cargo, presque plus aucun avion en provenance de Chine n'atterrit à Roissy, entraînant des pertes d'emploi dans le secteur, selon un rapport de RTL.
Un contournement provisoire
À partir du 1er juillet 2026, une taxe européenne de trois euros sur les petits colis entrera en vigueur, rendant ces contournements caduques. Néanmoins, des acteurs comme Shein prennent les devants. La plateforme a récemment annoncé l'ouverture d'un entrepôt de 740 000 m² en Pologne, l'équivalent de cent terrains de football. Ce nouvel emplacement lui permettra de continuer à expédier des colis à partir de stocks situés sur le sol européen, sans être assujetti à des frais additionnels. Comme le précise le quotidien économique Les Echos, cette stratégie vise à éviter les taxes sur les envois en provenance de Chine et à assurer une logistique plus efficiente pour le marché européen.







