« Nous avons des raisons d’être en colère », a exprimé la présidente de l’Agence américaine de sécurité des transports (NTSB), Jennifer Homendy, un an après l'accident aérien qui a coûté la vie à 67 personnes. Lors d'une audition publique marathon, elle a déclaré que la collision entre un avion de ligne et un hélicoptère militaire le 29 janvier 2025, près de l'aéroport Ronald Reagan, était « inévitable à 100 % ».
La lutte pour la sécurité aérienne n’est pas chose nouvelle, mais les révélations de la NTSB mettent en lumière des manquements flagrant. Jennifer Homendy a soutenu qu'elle avait recommandé des changements cruciales qui auraient pu prévenir cette tragédie. « C’est honteux », a-t-elle souligné, en s'en prenant à la FAA (Federal Aviation Administration) pour sa gestion des couloirs de vol trop proches des avions en approche.
Manquements et responsabilités
Les contrôleurs aériens, selon Homendy, laissent trop souvent aux pilotes le soin de s'assurer visuellement qu'aucun autre appareil ne se trouve sur leur trajectoire, une méthode connue sous le nom de « see and avoid » (voir et éviter). « Ce modèle a causé près de 50 % des collisions étudiées depuis deux décennies », a-t-elle prévenu. L’enquête a aussi révélé plus de 70 points susceptibles d'être améliorés, notamment concernant la communication entre les deux appareils et la tour de contrôle.
Un fatalisme préoccupant
« Je ne veux pas me retrouver ici dans quelques années face à d'autres familles ayant subi de telles pertes pour des raisons similaires », a-t-elle insisté. La NTSB a déjà émis des recommandations après l'accident, renforçant les restrictions de vol pour les hélicoptères aux abords de l'aéroport. « Le gouvernement américain semble attendre que des drames surviennent avant d’agir », a-t-elle déploré.
Des enquêtes précédentes avaient également identifié des divergences significatives dans les altitudes signalées par les appareils, contribuant à la catastrophe. La situation est d'autant plus alarmante que les statistiques indiquent en moyenne 18 signalements annuels de collisions évitées de justesse près de l'aéroport DCA dans les quatre ans avant l'accident.
Leçons à tirer
Les ajustements climatiques des altimètres barométriques sur les appareils militaires entraînent une marge d’erreur substantielle, sans que les pilotes en soient systématiquement informés. La question de la sécurité aérienne demeure centrale dans le débat public, appelant à des réformes urgentes et à un engagement ferme des autorités.







