"Une fois cette loi adoptée, tous sortiront", a déclaré Jorge Rodriguez, le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, lors d'une annonce cruciale vendredi. Cette déclaration fait suite à la promesse que la loi d'amnistie générale serait adoptée mardi, visant à libérer les prisonniers politiques.
"Nous allons rectifier toutes les erreurs du passé", a assuré Jorge Rodriguez, s'adressant aux familles de détenus politiques devant la prison de Zone 7, à Caracas. Il a ajouté que, d'ici vendredi, tous les prisonniers devraient être libérés. Cette promesse survient après une annonce faite par Delcy Rodriguez, la présidente par intérim, sur un processus de libération dont l'avancement a été jugé très lent selon les observateurs, notamment l'ONG Foro Penal.
Jeudi, l’Assemblée a franchi une étape importante en premier débat autour d'une loi d'amnistie couvrant 27 années de pouvoir chaviste, un mois après l'arrestation de Nicolas Maduro lors d'une opération américaine. Ce texte vise à annuler les accusations de crimes tels que "terrorisme", "trahison" et "incitation à la haine", qui ont souvent été utilisées pour emprisonner les opposants.
Des mesures controversées
Malgré cette avancée, l’opposition vénézuélienne a exprimé des réserves concernant la portée de l'amnistie. La coalition a signalé de "graves omissions" dans la loi, pointant que le texte exclut de nombreux prisonniers politiques civils et militaires. Elle souligne aussi que la loi ne prévoit pas de mécanismes pour garantir le retour sécurisé des exilés ou pour lever les incapacités politiques.
L'ancien premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, a salué le projet d'amnistie, le qualifiant d'"ambitieux" lors d’une visite à Caracas. Il a affirmé que le Venezuela progresse vers un changement rapide après des années de crise. Cependant, des centaines de prisonniers, soit près de 600, restent encore derrière les barreaux, et de nombreuses familles continuent d'attendre, espérant que leurs proches reçoivent enfin la liberté promise.
Au-delà des promesses, le chemin vers une véritable réconciliation et une justice réparatrice continue d’apparaître semé d'embûches. Les cris des familles rassemblées devant les prisons rappellent que la route vers la liberté est encore longue pour de nombreux Vénézuéliens.







