Le Premier ministre a accordé une interview à la presse régionale, en particulier à nos confrères de La Dépêche, pour évoquer les leçons tirées de la récente bataille budgétaire. Au cours de cet échange de plus d'une heure trente, Lecornu a esquissé ses priorités restantes mais a délibérément évité le sujet de 2027.
Une promesse de changement
À son arrivée à Matignon, il avait déclaré vouloir transformer le mode de gouvernance, prônant une collaboration plus étroite avec les partenaires sociaux et les élus locaux dans la gestion des crises. "Je crois aux compromis constructifs plutôt qu'aux clivages", affirme-t-il. Ses observations sur la dissolution et ses effets sur la majorité actuelle révèlent qu'un consensus est possible, illustré par le vote du budget de la sécurité sociale, effectivement un succès depuis 2022.
Des réformes nécessaires
Pourtant, des inquiétudes persistent. Lecornu aborde la résurgence de la division politique notamment au sein du Sénat, où la majorité de droite aurait pu agir de manière plus collective. À l'Assemblée nationale, il critique La France insoumise et le Rassemblement national pour leur choix d'exclure le dialogue constructif au profit de l'opposition systématique.
L'entrevue a également mis en lumière des désaccords parmi les membres de son propre bloc concernant le budget. "Mettre en avant des opinions extrêmes facilite souvent les débats, mais l'urgence est de travailler avec pragmatisme", insiste-t-il. Le Premier ministre a finalement utilisé l'article 49.3 pour faire adopter le budget, une décision qu'il a prise après mûre réflexion, tout en promettant que cette voie de facilité ne sera plus une option à l'avenir.
Une vision sur l'énergie et la défense
Lecornu met en avant les priorités comme la transition énergétique et l'augmentation des budgets militaires, justifiées par un monde global en pleine mutation. Il annonce que six nouveaux réacteurs nucléaires seront construits, en plus de mettre en avant des investissements dans les énergies renouvelables.
Établir des lois de décentralisation
Quant à sa future réforme de l'État, le Premier ministre prévoit un projet ambitieux de décentralisation, soulignant que les collectivités doivent avoir les responsabilités adaptées aux défis contemporains.
« Je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle. Je l'ai dit, je le redis », conclut-il, affirmant que de telles spéculations perturbent son engagement envers les affaires publiques.
Face aux tensions politiques, Sébastien Lecornu garde le cap, se disant déterminé à travailler pour l'intérêt général, et met en avant les efforts à venir pour répondre aux enjeux de la France, sans se laisser distraire par d'éventuelles ambitions personnelles.







