Le suspense autour de l'élection présidentielle au Portugal s'intensifie alors qu'Antonio José Seguro, ancien député et ex-ministre socialiste, a remporté le premier tour avec 31,1 % des voix. Sa position a été renforcée par un soutien diversifié d'acteurs de l'extrême gauche au centre droit, bien que le premier ministre Luis Montenegro ne se soit pas engagé derrière lui.
Les derniers sondages révèlent que Seguro pourrait recueillir entre 67 et 73 % des suffrages au second tour, prévu pour le 9 mars. En revanche, son adversaire André Ventura, président de la formation d'extrême droite Chega et auteur d'une campagne centrée sur une « rupture » avec les anciennes élites, pourrait obtenir 27 à 33 % des voix.
Pour Ventura, cette élection marque une avancée significative puisqu'il s'est qualifié pour le second tour avec 23,5 % des votes, témoignant ainsi de la montée de son parti en tant que première force d'opposition, après les législatives de mai 2025.
Un rôle présidentiel symbolique mais crucial
Selon l'analyste politique José Santana Pereira de l'AFP, Ventura cherche à « consolider sa base électorale » et à « s’affirmer comme le vrai leader de la droite portugaise ». Bien que le rôle du président au Portugal soit principalement symbolique, il doit jouer un rôle d'arbitre en cas de crise politique et possède le pouvoir de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées.
Bruno Ferreira da Costa, politologue à l’université de Beira Interior, souligne que le nouveau président « restera au centre du jeu politique », surtout dans un contexte où le gouvernement se trouve sans majorité au Parlement.
La campagne a été perturbée par de violentes tempêtes qui ont frappé le pays, entraînant le report du vote dans certaines circonscriptions. Malgré cela, une participation significative est attendue, avec un taux d'abstention qui pourrait rester comparable à celui du premier tour, qui avait enregistré un taux de 47,7 %, le plus élevé depuis 2006.







