Dimanche, les autorités iraniennes ont procédé à l'arrestation de trois personnalités politiques influentes, une mesure qui suscite l'inquiétude parmi les partisans du changement. Parmi les détenus, Azar Mansouri, cheffe du Front des réformateurs, s'était distinguée par son soutien inébranlable aux manifestants depuis le début des troubles en décembre dernier.
Selon l'agence Fars, relayée par l’Agence France-Presse (AFP), les arrestations ciblent notamment Mansouri, Ebrahim Asgharzadeh et Mohsen Aminzadeh. Ces personnalités sont accusées d'atteinte à l'unité nationale, de coordination avec des ennemis de l'État et de création de mécanismes subversifs. Ces accusations pèsent lourdement dans un climat déjà tendu.
Soutien aux protestataires
Dans une déclaration, l'agence de presse Mizan Online a rapporté une série d'arrestations supplémentaires, sans en communiquer les noms. Il est à noter que ces opérations surviennent à la suite d'une enquête sur des individus politiques jugés proches de l'ennemi, ayant soutenu le régime sioniste, Israël, et les États-Unis.
Azar Mansouri, âgée de 60 ans, avait dès le début des manifestations soutenu les revendications d'un peuple en souffrance, se positionnant comme une figure emblématique de la résistance réformiste. Elle a également partagé des messages de solidarité avec les familles des victimes des répressions passées, affirmant sur Instagram qu'"il n'y a aucune justification à cette grande catastrophe".
Déjà arrêtée en 2019
Mansouri n'est pas étrangère à l'arrestation ; elle avait été emprisonnée après les manifestations consécutives aux élections présidentielles de 2009, où elle avait été condamnée pour des actes jugés contraires à la sécurité nationale. En dépit des menaces, elle continue de défendre la voix des opprimés, insistant sur le fait que « lorsque toutes les voies pour se faire entendre sont fermées, la contestation descend dans la rue ».
Ebrahim Asgharzadeh, ancien député, et Mohsen Aminzadeh, ex-responsable aux Affaires étrangères, font également partie des figures historiques qui ont contribué à façonner l'opposition contre le régime en place. Cette vague de répression est perçue comme un signe des craintes du gouvernement face à un mouvement contestataire qui prend de l'ampleur, soutenu par une population frustrée par les conditions de vie et les limitations des libertés.







