Le 15 février 2026, l'acteur américain Robert Duvall nous a quittés à l'âge de 95 ans, laissant derrière lui un héritage cinématographique impressionnant s'étalant sur plus de soixante ans. Des rôles marquants dans Le Parrain et Tendre Bonheur, pour lequel il décrocha l'Oscar du meilleur acteur, à sa performance iconique dans Apocalypse Now, son parcours est un véritable chef-d'œuvre.
Parmi ses rôles mémorables, celui de Bill Kilgore dans Apocalypse Now, réalisé par Francis Ford Coppola, reste gravé dans les mémoires. Dans ce film qui traite de la guerre du Vietnam, Duvall incarne un lieutenant-colonel excentrique, détaché de la brutalité du conflit, ce qui lui a valu une nomination aux Oscars. Sa performance flamboyante a fait de cette œuvre un classique intemporel du cinéma.
La scène où il prononce l'une des répliques les plus célèbres de l'histoire du cinéma a particulièrement marqué les esprits. Planté au milieu du chaos après un bombardement au napalm, torse nu et vêtu de son chapeau de cow-boy, il se tourne vers le jeune Lance, interprété par Martin Sheen, et déclare avec une légèreté troublante : "Du napalm, mon gars. Il n’y a rien d’autre au monde qui sent comme ça. J’adore l’odeur du napalm au petit matin." Cette phrase, forte de sa dérision face à l'horreur, a fait de Kilgore un personnage emblématique.
Il est intéressant de noter que cette réplique symbolise non seulement l'absurdité des conflits, mais véhicule également une critique sociale des ravages de la guerre. Comme l'a souligné le critique de cinéma Jean-Luc Douin dans le Monde, Duvall a réussi à incarner, à travers son personnage, le désespoir et l'aliénation provoqués par des situations extrêmes.
Son passage à vide en tant que Kilgore est le reflet de l'art de Duvall, capable de rendre hommage à l'absurde tout en touchant à la profondeur de l'âme humaine. Ce trait de son jeu est ce qui continue de résonner chez les connaisseurs du cinéma, témoignant d'une carrière exceptionnelle qui restera inoubliable.







