Le 17 février, l'Union européenne (UE) a annoncé l'ouverture d'une enquête contre Shein, un site de vente en ligne jugé suspect de plusieurs violations. Cette enquête fait suite à la découverte, en octobre dernier, de poupées à caractère sexuel mimant des enfants, ainsi que d'armes, disponibles sur la plateforme.
Outre la vente de biens illégaux, la Commission européenne se penche également sur les caractéristiques addictives de la plateforme chinoise, tout en dénonçant le manque de transparence dans son algorithme de recommandation.
Si ces accusations sont confirmées, elles pourraient constituer des violations des règlements de l'UE concernant les services numériques (DSA), ce qui pourrait entraîner des sanctions financières lourdes pour Shein, allant jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires annuel.
Le DSA, une législation européenne phare, oblige les grandes plateformes en ligne à prendre des mesures contre la diffusion de contenus et produits illicites. Selon la Commission, « Dans l'UE, la vente de produits illégaux est strictement prohibée, que ce soit en magasin ou en ligne », a affirmé Henna Virkkunen, vice-présidente en charge du Numérique. Elle a également défendu le DSA face aux critiques, notamment celles des États-Unis, qui le jugent comme un frein à la liberté d’expression.
« Nous prenons très au sérieux nos obligations au titre du DSA. Nous avons toujours colaboré pleinement avec la Commission européenne et continuerons de le faire durant cette procédure », a déclaré un porte-parole de Shein à l’AFP.
Multiples initiatives de la France contre Shein
Shein a affirmé avoir amélioré ses outils de détection des produits prohibés et mis en place des mesures spécifiques concernant la vente aux mineurs, incluant un système de vérification d'âge. « Nous partageons l'objectif de la Commission pour un internet sûr et fiable et nous continuerons d'interagir de manière constructive », a précisé le porte-parole.
Cette enquête n'est pas une surprise, car Bruxelles avait déjà entrepris des démarches semaines auparavant, sous l'impulsion des autorités françaises. Depuis novembre, la France a engagé plusieurs actions contre Shein, qui a été fondé en Chine en 2012 et est actuellement basé à Singapour, en raison de la vente de poupées ressemblant à des enfants et d'armes. Après avoir initialement échoué à obtenir une interdiction totale du site, le gouvernement a demandé le blocage de la section marketplace, une demande qui sera examinée par la justice le 19 mars.
Suite au scandale des poupées pédopornographiques, Shein avait pris l'initiative de suspendre temporairement sa marketplace en France pendant deux mois. Elle a rouvert en janvier avec des mesures renforcées pour filtrer les produits et les vendeurs.







