La disparition prématurée de l'acteur James Van Der Beek a mis en lumière la hausse alarming des cas de cancer colorectal chez les moins de 50 ans. Des recherches intensifiées tentent d'élucider ce phénomène préoccupant.
James Van Der Beek, connu pour son rôle dans Dawson, est décédé d'un cancer colorectal à 48 ans. En 2020, l'acteur Chadwick Boseman, célèbre pour Black Panther, avait également succombé à cette maladie à 43 ans.
Des études, comme celle publiée dans le Journal of the national cancer institute, révèlent que les individus nés dans les années 1990 affichent un risque quadruplé de développer un cancer colorectal comparé à ceux des années 1960. Cette tendance concerne principalement des pays comme l'Australie, le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis.
C'est vraiment effrayant
Actuellement, le cancer colorectal est devenu la première cause de mortalité par cancer chez les moins de 50 ans aux États-Unis, comme l’indique une étude parue dans JAMA. "C'est vraiment inquiétant," confie Helen Coleman, notant qu'"on partait d'un contexte très favorable".
Il est à noter que la majorité des cas se concentrent chez les personnes plus âgées, seulement 6 % des cancers colorectaux étant diagnostiqués chez les moins de 50 ans, selon les données de chercheurs d'Irlande du Nord. Les améliorations des techniques de dépistage ont d'ailleurs conduit à une baisse des taux chez les personnes âgées.
Malheureusement, les jeunes, souvent persuadés qu'ils ne sont pas concernés, reçoivent un diagnostic tardif, comme cela a été le cas pour James Van Der Beek.
Quelles en sont les causes ?
Le cancer colorectal, tout comme d'autres cancers touchant les plus jeunes, est souvent associé à un mode de vie malsain: surpoids, alimentation déséquilibrée, inactivité physique, consommation d'alcool et tabagisme. Pourtant, ces facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls "l'augmentation franche observée récemment", selon Helen Coleman, d'autant plus que de nombreux jeunes patients avaient un mode de vie sain, comme Van Der Beek, diagnostiqué à un stade avancé en 2023.
La chercheuse Jenny Seligmann de l’Université de Leeds s'interroge : "Nous n'avons pas encore d'explications concrètes". Des études explorent le rôle du microbiote intestinal, un écosystème bactérien dont le fonctionnement reste en grande partie inconnu. Un travail publié dans Nature a révélé des "indices prometteurs", comme l'a confirmé Helen Coleman.
Un dépistage précoce est essentiel
Des recherches ont mis en lumière que les mutationsADN d'une génotoxine, colibactine, sécrétée par le bacille Escherichia coli, étaient plus fréquentes chez les jeunes patients atteints de cancers colorectaux. Cependant, cette découverte demande des validations supplémentaires. Par ailleurs, l'usage d'antibiotiques répétés pourrait également être un facteur à considérer.
Selon Seligmann, il semble également qu'il existe de nombreux sous-types de cancer colorectal, ce qui complexifie l'identification des causes : "Déterminer une cause unique sera un défi".
Avant son décès, Van Der Beek avait appelé à la vigilance, encourageant ceux qui présentent des symptômes à consulter un médecin. "Je voudrais que tout le monde entende : si vous avez 45 ans ou plus, parlez à votre médecin !" Des symptômes tels que des changements dans les habitudes intestinales, une perte de poids inexpliquée ou une fatigue persistante doivent faire réagir.
En réponse à cette grave augmentation des cas chez les jeunes, les États-Unis ont abaissé l'âge recommandé pour le dépistage de 50 à 45 ans en 2021. Des appels se font entendre dans d'autres nations, comme le Royaume-Uni et la France, où le dépistage commence actuellement à 50 ans, pour envisager un abaissement similaire.







