Des milliers de personnes se sont rassemblées à Buenos Aires pour dénoncer les féminicides, les violences de genre et les politiques d’austérité promulgées par le président Javier Milei, un jour après la Journée internationale des droits des femmes.
Les slogans tels que "Assez de féminicides !", "Nos corps ne sont pas une marchandise" et "Je suis la tendresse qui manque au peuple" ont résonné à travers un cortège principalement féminin, partant de la place du Parlement jusqu'à la symbolique Place de Mai, siège de la présidence.
Cette mobilisation, initiée par des organisations féministes et des mouvements sociaux, a été décalée d’un jour par rapport au 8 mars pour renforcer l’impact et montrer l'absence des femmes dans l’économie en un jour ouvré. Plusieurs syndicats d’enseignants avaient également appelé à la grève.
Les manifestants ont vivement critiqué le gouvernement de Milei, le qualifiant de porteur d'un "discours de haine" et dénonçant le déclinargement des institutions qui soutenaient les droits des femmes, telle que la dissolution du ministère de la Femme peu après son entrée en fonction.
Le gouvernement a célébré le 8 mars en diffusant un message controversé, qualifiant de "scarface" les politiques féministes comme étant une "arnaque millionnaire" qui a, selon eux, divisé la population argentine.
Pendant la manifestation, Luci Cavallero, militante féministe, a déclaré à l'AFP que cette mobilisation représente une résistance aux politiques d’austérité de Milei, à l’approche de la réforme du travail qui risque de toucher défavorablement les femmes et les personnes LGBTQ+.
L'Observatoire des féminicides, du Défenseur des droits, a rapporté que 2025 a vu 247 féminicides, incluant suicides-féminicides et transféminicides. Bien qu'une tendance à la baisse ait été constatée par rapport aux 322 cas de 2023, le problème demeure constant avec une moyenne de 15 féminicides par mois.
Une étude de l'Institut de la statistique INDEC, publiée pour le 8 mars, a montré que les femmes argentines gagnent en moyenne 26 % de moins que les hommes, tout en étant à la tête de huit foyers monoparentaux sur dix.
Une polémique a également émergé dans la province de Misiones, où une cérémonie officielle a offert des seaux, des balais et des serpillières aux femmes participantes aux activités pour la Journée des droits des femmes, ce qui a soulevé de vives critiques.







