Le 3 mars 2026, un citoyen français, qui travaillait pour l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF), a été arrêté près de Zémio, dans le sud-est de la République Centrafricaine. Le ministère de la Défense centrafricain a confirmé que cette arrestation est motivée par « de sérieux soupçons d’activités visant à déstabiliser la situation sécuritaire dans la préfecture du Haut-Mbomou ». On l'accuse notamment de tenter d'inciter la population azandé à « se dresser contre les autorités légalement élues ».
En réaction à cette situation, le Quai d'Orsay a indiqué que « ce dossier est suivi très attentivement ». Les autorités françaises ont précisé que l'ambassade de France en Centrafrique était en contact régulier avec les responsables locaux pour assurer le bien-être de l'employé.
L'individu a traversé illégalement la frontière entre la République Démocratique du Congo (RDC) et la Centrafrique sans autorisation, ce qui soulève des questions sur son statut sur le territoire. Il sera transféré à Bangui afin d'enquêter plus avant sur les circonstances entourant son arrestation et son éventuelle implication dans un réseau plus vaste de déstabilisation.
Selon des sources de l'Agence France-Presse (AFP), cet employé aurait été actif dans le camp de réfugiés azandé à Zapay avant de se rendre à Zémio dans le cadre d’une mission spécifique. Contactée à ce sujet, MSF a choisi de ne pas commenter l’affaire.
Des soupçons de déstabilisation et d’entrée illégale
La République Centrafricaine a connu une amélioration de sa situation sécuritaire après le conflit civil des années 2010. Toutefois, la région de Zémio reste particulièrement vulnérable, surtout aux abords de la frontière avec le Soudan du Sud et la RDC.
Récemment, des affrontements ont eu lieu entre l’armée centrafricaine et la milice azandé Ani Kpi Gbè, révèlant la fragilité de la paix dans cette région. Le ministère a également souligné la présence de « tentatives d’ingérence extérieures » cherchant à miner la confiance de la population envers les autorités. L’arrestation de ce travailleur humanitaire intervient juste avant une visite attendue du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, à Bangui, marquant la première rencontre d’un chef de la diplomatie française avec le président centrafricain depuis plusieurs années. Cela souligne les tensions persistantes entre la France et la RCA, exacerbées par l'influence grandissante de la Russie dans le pays.







