Buenos Aires (AFP) – Des milliers de manifestants ont défilé ce lundi dans les rues de Buenos Aires pour dénoncer les féminicides, les violences de genre et l'austérité imposée par le gouvernement de Javier Milei. Cette manifestation s'inscrit un jour après la Journée internationale des droits des femmes, marquant un acte symbolique fort pour la cause.
« Assez de féminicides ! », « Nos corps ne sont pas une marchandise ! », clamaient les pancartes brandies dans un cortège majoritairement féminin, parti de la place du Parlement pour rejoindre la Place de Mai, siège de la présidence. Le rassemblement a été organisé par diverses organisations féministes et mouvements sociaux, qui ont choisi de retarder la marche d'un jour pour maximiser la mobilisation et souligner l'absence des femmes dans le monde du travail lors d'un jour ouvré.
Ce constat a été renforcé par plusieurs syndicats d'enseignants qui ont appelé à une grève pour soutenir le mouvement. De nombreux manifestants ont critiqué le gouvernement ultra-libéral de Javier Milei, dénonçant un « discours de haine » et le dessèchement des ressources allouées à des organismes de protection des droits des femmes, notamment la suppression du ministère de la Femme, intervenue dès ses premiers jours au pouvoir.
En écho à ce mouvement, le gouvernement a diffusé un message le 8 mars, critiquant les « arnaques millionnaires » associé aux politiques féministes et de genre. « Durant des années, une cause noble a été instrumentalisée pour soutenir des structures politiques coûteuses, alimenter des agendas idéologiques, et diviser la société argentine ... », indiquait le message, illustrant ainsi la fracture entre le gouvernement et les manifestants.
La militante féministe Luci Cavallero a exprimé, pour l'AFP, que cette mobilisation vise à contrecarrer les politiques d'austérité du gouvernement Milei, précisément à l'approche de l'adoption de réformes du travail qui pourraient avoir un impact significatif sur les femmes et les communautés marginalisées.
Un rapport de l'Observatoire des féminicides du Défenseur des droits a détecté 247 féminicides en 2025, incluant les suicides-féminicides et transféminicides. Bien qu'une tendance à la baisse par rapport au pic de l'année précédente soit observée, le constat reste alarmant avec un féminicide toutes les 35 heures.
En outre, un rapport de l'INDEC a révélé que les femmes en Argentine gagnent en moyenne 26 % de moins que leurs homologues masculins et qu'elles dirigent 80 % des foyers monoparentaux, une réalité qui souligne les inégalités persistantes.
Dans un incident controversé, la petite localité de Colonia Aurora dans la province de Misiones a fait l'objet de critiques après avoir offert des seaux, des balais et des serpillières lors d'une cérémonie officielle célébrant la Journée de la femme. Ce geste a été perçu par beaucoup comme une ironie cruelle.
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