Ce jeudi 9 avril, le conseil municipal de Carcassonne a été marqué par des échanges vifs sur la situation budgétaire de la ville et la revalorisation des indemnités des élus. Alors que la majorité dirigée par le maire du Rassemblement national, Christophe Barthès, met en avant une dette de 53 millions d'euros qu'il faut "maîtriser", les élus ont voté une hausse notable de leurs propres indemnités.
Lors du débat d’orientation budgétaire, Alexandre Dumont, adjoint aux finances, a insisté sur la nécessité de prudence financière. François Mourad, président du groupe d’opposition 100 % Carcassonne, n’a pas mâché ses mots : "C’est une mauvaise mesure, c’est l’année blanche", a-t-il déclaré en évoquant l’impossibilité d’embaucher de nouveaux policiers ou de moderniser les infrastructures.
Malgré cette situation délicate, le conseil a approuvé une augmentation des indemnités : le maire voit la sienne grimper de 17 %, atteignant 5 700 euros brut mensuels, et les adjoints bénéficient d'une augmentation de 24 %. La première adjointe, Marlène Arcizet, ne fait cependant pas partie des bénéficiaires de cette hausse, son salaire étant aligné sur celui de ses collègues.
Les membres de l'opposition, comme Daniel Iché de Carcassonne Unie, qualifient ce geste d'"étonnant". "Quand certains se serrent la ceinture, d'autres se dégraffent le bouton. Près de 9 000 euros d’indemnités, c'est un très mauvais symbole", a commenté Mourad. Les groupes d’opposition ont donc voté contre cette augmentation.
Les engagements de la majorité, tels que la promesse de réduire la taxe foncière, sont également remis en question. Alix Soler-Alcaraz, également de Carcassonne Unie, a souligné l’absence de baisse, alors même que les élus modifient leurs rémunérations.
En réponse aux critiques, Barthès a argué d'une "baisse globale de 9 % de l’enveloppe des indemnités", un chiffre qui semble contredit par les écrits budgétaires. Alors que la somme globale des indemnités passait de 29 053 euros en 2020 à 33 233 euros en 2026, le maire a justifié cette hausse par des économies similaires faites au niveau du protocole.
Le prochain conseil municipal, prévu pour le 30 avril, pourrait également être le théâtre de débats animés, les groupes d’opposition prévoyant de s’opposer fermement à une vote du budget qui ne respecterait pas leurs attentes concernant la taxe foncière.







