Une étude récente menée par le groupe mutualiste VYV et la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a révélé des résultats préoccupants concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle conversationnelle par les jeunes en Europe. Selon cette enquête, environ 48% des jeunes interrogés ont avoué s'engager dans des conversations intimes avec des intelligences artificielles, tandis que 33% d'entre eux considèrent ces machines comme des interlocuteurs dignes de confiance pour des problèmes personnels. Les données, consultées par l'Agence Radio France, montrent que ce phénomène touche près de 90% des jeunes en France.
Cette étude met en lumière un aspect de la vie moderne où la technologie devient un semblant de thérapeute pour une génération en proie à des défis émotionnels. Les jeunes ont tendance à faire confiance à l'IA, citant la confidentialité et la nature accessible des conseils reçus comme raisons principales.
Cependant, des experts s'interrogent sur cette dépendance croissante. Le psychologue Dr. Lucien Moreau souligne que si ces conversations peuvent être bénéfiques à court terme, elles risquent d’encourager l'isolement social et d’amplifier des sentiments de détresse. « L'utilisation excessive de l'IA peut empêcher les jeunes de chercher une aide appropriée auprès des professionnels de la santé mentale », avertit-il.
Les conséquences psychosociales de cet engouement pour l'IA méritent une attention particulière, alors que des études antérieures, telles que celle publiée par Franceinfo, signalent qu'un quart des jeunes âgés de 15 à 29 ans souffrent de dépression. Il devient donc impératif que des discussions ouvertes sur l'impact de la technologie sur le bien-être mental soient menées, afin d'encadrer cette nouvelle dynamique et d'assurer un soutien adéquat.







