Le corps retrouvé jeudi soir dans le Gers a été confirmé comme étant celui de Lyhanna, une fillette de 11 ans disparue depuis le 29 mai. Suite à cette annonce tragique, le gouvernement a exprimé des inquiétudes quant aux dysfonctionnements dans le traitement des plaintes visant le principal suspect. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, a présenté ses "excuses au nom de la Justice".
Le défunt a été découvert dans un silo abandonné d'une exploitation agricole. Le suspect, qui y avait travaillé il y a plusieurs années, vivait à proximité de Fleurance, l'endroit où Lyhanna a été aperçue pour la dernière fois, montant dans sa voiture après les cours. Selon le procureur d'Agen, l'identification par ADN a été confirmée, mais les causes de la mort demeurent inconnues à ce jour.
Une marche blanche en l'honneur de Lyhanna est prévue dimanche à 15 heures à Fleurance, rassemblant la communauté choquée par cet événement tragique.
"Il est clair qu'un dysfonctionnement a eu lieu et c'est inacceptable", a déclaré Emmanuel Macron. Le président a exprimé son souhait que de tels incidents ne se reproduisent pas. Gérald Darmanin a également fait savoir lors d’un entretien sur TF1 qu'il était indigné par le fait que la justice n'ait pas su protéger la fillette.
Se disant "furieux", le garde des Sceaux a évoqué un "immense échec" dans le suivi des plaintes. Il a promis des sanctions à l'égard des magistrats si les préoccupations qu'il a exprimées se révèlent fondées.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a quant à lui demandé un rapport préliminaire sur l'enquête administrative en cours, confiée à l'Inspection générale de la justice.
À Fleurance, les habitants ont été frappés par cette tragédie. Paulette Cantan, une retraitée, a partagé son chagrin et sa colère face aux antécédents du suspect. "Cela ne semble pas être un incident isolé", a-t-elle déclaré.
Le principal suspect, Jérôme B., a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Les gendarmes poursuivent leur enquête, interrogeant les automobilistes qui auraient croisé sa route. Les inquiétudes autour de ses antécédents criminels, concernant notamment des plaintes pour viol, soulignent des lacunes dans le suivi judiciaire.
Comme l’a fait savoir Aurélien Martini de l’Union syndicale des magistrats, "des dysfonctionnements existent, mais il faudra attendre les rapports d’inspection pour comprendre" l’étendue de la situation. Les procureurs se sont également positionnés sur la nécessité de discernement avant de porter des accusations de négligence.
Enfin, en avril dernier, le député du Gers David Taupiac avait déjà évoqué des problèmes sérieux liés à la justice à Auch, notamment la pénurie de personnels et des dysfonctionnements technologiques.







