Quatorze mois se sont écoulés depuis le lancement des travaux de rénovation de la place autour de la halle des Chartrons. En ce début de mois de juin, les terrasses se remplissent à mesure que les bureaux ferment. Entre les rues Sicard et Rode, les restaurateurs et cafetiers retrouvent leur clientèle dans un espace sécurisé et sans voitures, permettant aux enfants de circuler librement, même si certains regrettent la présence de trottinettes à grande vitesse.
Pour Christophe Delpino, gérant d'un magasin local, cette nouvelle configuration est "la plus magnifique place de Bordeaux". Mais cette satisfaction est partagée par tous, notamment du fait de la suppression de 800 m² d’emprises dédiées au stationnement. Jauffred Gauthier, propriétaire du Bistrot des Anges, reconnaît que la situation a changé, même si elle l'oblige à trouver un local pour stocker ses poubelles afin de maintenir une vue dégagée sur la place.
« ça manque un peu d'ombre »
Cette nouvelle perspective est appréciée des retraités du quartier, qui profitent des nouvelles assises aux heures les plus fraîches de la journée. Cependant, lors des journées ensoleillées, certains, comme une dame sous son chapeau de paille, déplorent le manque d'ombre. Avec seulement une vingtaine d'arbres récemment plantés, la promesse d'un îlot de fraîcheur se fait encore attendre.
Stéphane Landreau, membre du collectif C les Chartrons, critique l'orientation prise par le projet, affirmant que "plus de béton a été coulé que d'arbres plantés". Ce collectif déplore que le chantier réponde plus à une volonté de supprimer les voitures qu'à un réel respect de la tranquillité des habitants.
Pour le collectif C les Chartrons, la finalité du chantier relève "plus d’une volonté dogmatique de supprimer la voiture" et "de transformer la place en restaurants à ciel ouvert".
Autre point de friction : la délimitation des terrasses. Alors que certains commerçants ont profité des travaux pour s'étendre, d'autres déplorent avoir perdu des places, ne pouvant conserver qu'une quinzaine de tables. Cécile Vidal, responsable d'un salon de thé, s'interroge sur la cohérence de la réorganisation actuelle, notamment avec des terrasses vides autour de la halle.
Comme beaucoup d'autres professionnels, Jauffred Gauthier est en attente d'une clarification de la position de Thomas Cazenave, le nouveau maire, sur l'usage de cet espace public, promettant de révéler sa décision lors du prochain conseil de quartier.







