Le projet éolien de la Petite Valade, porté par la société AboWind, a connu un épilogue inattendu ce 8 janvier. En effet, l'entreprise a décidé de se désister de son recours auprès du Conseil d'État, renonçant ainsi à l’obtention du permis de défrichement tant attendu. Cela a suscité un grand soulagement parmi les membres de l'association Maransin Eole, qui se battait depuis des années contre cette initiative.
« C'est un petit miracle », a déclaré Yves Estrade, représentant de l'association, soulignant l'ampleur de la victoire après un long chemin semé d'embûches. Le projet, qui a fait l'objet de nombreux débats et controverses, prévoyait l'installation de plusieurs éoliennes de 180 mètres de haut, une perspective jugée insoutenable par les collectivités locales des communes environnantes de Lapouyade, Bayas, Lagorce et Laruscade.
Les difficultés administratives avaient commencé dès 2018, lorsque le tribunal administratif de Bordeaux avait annulé l'autorisation de défrichement initialement accordée à AboWind. Cette décision avait été confirmée par la cour administrative d’appel en juin 2024, renforçant les craintes des opposants au projet. Les doutes quant à la viabilité du dossier et le potentiel risque d’impact environnemental avaient alerté de nombreux élus, dont la maire de Lapouyade, Hélène Estrade, qui avait mis en avant le danger que représentaient les éoliennes en cas d'incendie à proximité des forêts.
La contestation a également été alimentée par les enjeux liés à la préservation de la biodiversité. Des experts en environnement, comme ceux cités par Le Monde, avaient exprimé leurs inquiétudes concernant les espèces protégées présentes dans la zone, pointant du doigt les risques de destruction de leur habitat naturel. Les délais d'attente pour les autorisations nécessaires au projet avaient également été jugés problématiques, créant une situation ingérable pour AboWind.
AboWind, par la voix de son directeur de développement, Benoît Clouet, a reconnu que le millefeuille administratif, couplé à la résistance des opposants, avait conduit à une impasse. « Quand un feu passe au vert, un autre passe au rouge », a-t-il commenté, soulignant ainsi la complexité des démarches administratives impliquées.
Le maire de Maransin, Bernard Bacci, a pris acte de ce retrait, exprimant des regrets quant à l'absence de dialogue avec AboWind. Il en profite pour rappeler que la communauté d'agglomération a déjà exprimé sa position défavorable à l'implantation d'éoliennes, en raison du manque d'acceptabilité locale. Ce tournant met un terme à un projet éolien qui, au-delà des enjeux environnementaux et administratifs, a suscité des passions et des oppositions marquées dans la région.







