À Rouen, un projet ambitieux émerge pour redéfinir le paysage du transport public. Le véhicule expérimental, qui fait partie du réseau de la Métropole Rouen-Normandie, utilise une technologie de recharge par induction. Cela permet au bus de se recharger tout en circulant, sans besoin d'arrêts supplémentaires pour le rechargement.
« Vous pouvez monter, en route vers le Théâtre des Arts ! Pas besoin de valider votre trajet », annonce un agent du réseau transport. Les passagers, visiblement intrigués, obéissent, sans se soucier de la méthode inédite de ce bus. Même si certains plaisantent : « J'espère qu'ils ne vont pas nous faire frire... »
Cette innovation, sans danger, repose sur un principe simple : des bobines électromagnétiques intégrées dans le sol de la chaussée s'activent uniquement lorsque le bus, doté d'une bobine réceptrice, passe au-dessus. Cela permet une recharge instantanée à vitesse normale, créant une expérience de voyage fluide.
Actuellement, seule une courte section de 100 mètres reliant le CHU à la station Martainville utilise ce système, tandis qu'un point de recharge statique est installé à Boulingrin, le terminus. Nicolas Pierson, représentant de la collectivité, compare cette technologie à celle des chargeurs à induction pour smartphones. « C'est une porte d'entrée vers l'avenir du transport en commun », déclare-t-il.
Une généralisation espérée d’ici 5 à 10 ans
Ce projet pilote, soutenu par un consortium qui comprend Vinci construction et Electreon, a représenté un investissement de 200 000 euros pour des travaux d'installation. C'est une première en France pour un réseau de transport public, bien que des expériences aient déjà été menées sur l'autoroute A10 avec des poids lourds.
Cette initiative ne cesse d'attirer l'attention des défenseurs des transports durables. Pour faire face à l'autonomie limitée des bus électriques, variant de 200 à 300 kilomètres, et au défi du temps de recharge, l'induction pourrait devenir une solution appréciée. La Métropole aspire à ce que plus de 50 % de ses bus soient à faibles émissions d'ici la fin de l'année, incluant aussi des modèles à hydrogène, comme l'a rapporté France 3 Normandie.
Nicolas Pierson conclut avec prudence : « Bien que la technologie soit prometteuse, il est difficile de prédire son déploiement à grande échelle. Je dirais qu'une période de 5 à 10 ans est envisageable, mais ce n'est pas encore certain. » Cette innovation pourrait bien transformer le quotidien des usagers du transport public dans les années à venir.







