Julien Pereira, 26 ans, a partagé mardi 27 janvier sur BFMTV son expérience traumatisante au sein de l'ICE, la police de l'immigration américaine, au printemps dernier. Durée de détention : un mois, perte de poids : sept kilos.
Les pratiques controversées de l'ICE sont à l'origine d'un scandale médiatique persistant. Récemment, un homme a perdu la vie à Minneapolis en tentant de protéger une femme des agents fédéraux, mettant en lumière la brutalité de ces interventions. C'est dans ce contexte que Julien a dû faire face à un traitement inhumain. Sur BFMTV, il a relaté les atrocités vécues alors qu'il s'apprêtait à quitter les États-Unis.
Joueur de tennis universitaire, Julien a poursuivi ses études aux États-Unis avant de travailler sous un visa temporaire. Une erreur de son employeur dans les documents a entraîné son arrestation alors qu'il se dirigeait vers le Canada.
« Menotté, seul et désespéré »
L'horreur a commencé dès son interpellation. « On m'a dit que mon employeur avait fait des erreurs et j'ai été placé en isolement pendant trois jours », confie-t-il. Ces premiers jours ont été marqués par l'absence d'hygiène et la privation de nourriture. L'accès à un avocat ou à l'ambassade lui a également été refusé.
Julien a ensuite été transféré vers un établissement de l'ICE dans des conditions épouvantables, « menotté aux mains, à la hanche et aux pieds ». Ce jeune homme, dont l'avenir semblait prometteur, a subi une détention difficile : « Celui qui dit qu'il n'a pas peur se ment », a-t-il témoigné, soulignant que certains détenus étaient dans cette situation depuis deux à trois ans. La perte de poids et la malnutrition étaient des compagnons constants, et il rapporte avoir perdu sept kilos en seulement un mois.
Finalement, Julien a été libéré après avoir réglé une caution de 5 000 dollars. Mais au lieu d'être relâché à la frontière canadienne, il a été conduit à la frontière mexicaine par les agents de l'ICE, laissant ses proches dans l'inquiétude et l'angoisse.
Des experts soulignent que ces abus ne sont pas des cas isolés. Le rapport de l'American Civil Liberties Union (ACLU) souligne la nécessité de réformer les pratiques de l'ICE afin de garantir la protection des droits humains, comme l'a également exprimé un récent rapport du Haut-Commissariat aux droits de l'homme. Face à de telles révélations, le débat sur les méthodes d'application des lois d'immigration aux États-Unis est plus que jamais d'actualité.







