Ce samedi 28 février, plus de 200 personnes ont pris part à une "balade naturaliste" à Guéret pour exprimer leur mécontentement face au projet de l'usine Biosyl. Le chantier de cette usine de granulés de bois est déjà en cours dans la zone industrielle, en dépit de deux recours juridiques toujours pendants devant le tribunal.
Les participants ont brandi des slogans tels que "la finance tue nos forêts" et "il y a urgence". Le PDG de Biosyl a justifié le lancement des travaux, précisant que les recours juridiques ne suspendent pas le chantier, qui a déjà achevé sa première phase.
Ils ont déjà détruit tous les arbres
Pour Carmen Munoz, co-fondatrice de l'association naturaliste Carduelis, ces travaux sont illégaux. Près de deux hectares ont déjà été défrichés : "Ils ont déjà détruit tous les arbres présents au cœur de cette zone, qui pouvaient servir d'habitat à des espèces protégées comme les chauve-souris ou les amphibiens. La législation française prohibe la destruction d'espèces protégées et de leurs habitats; or, le PDG de Biosyl n'a pas obtenu de dérogation", explique-t-elle. Avec quatre autres associations, ils ont saisi la justice, mais le juge a rejeté leur demande le 27 février, justifiant qu'"étant donné que le chantier est terminé dans sa première phase, il n'y avait plus d'actions à entreprendre. Néanmoins, le combat continue contre les procédures encore en cours devant le tribunal administratif", précise l'avocat des associations, Maître Yann Fauconnier.
Les recours juridiques portent notamment sur l'absence d'une étude d'impact environnemental concernant le site et les espèces protégées qu'il héberge, mais aussi sur les conséquences potentielles dans un rayon de 130 km, où des coupes rases pourraient être envisagées. Jeannine, une participante à la marche, témoigne : "Nous venons du plateau de Millevaches et nous ne voulons pas que nos forêts soient détruites ou que Guéret soit pollué par ce type d'installation. Nos forêts souffrent déjà de coupes rases fréquentes".
La deuxième phase du chantier ne devrait pas débuter avant la fin du mois d'août. Pendant ce temps, l'Office français de la biodiversité continue son enquête suite à la plainte déposée par les associations concernant le début des travaux, dans un contexte de tension croissante entre développement économique et protection de l'environnement.







