Une routine quotidienne : un café avec un morceau de sucre le matin, une pâtisserie à midi, un soda ou une barre chocolatée pour la pause, sans oublier les bonbons en voiture et le chocolat en soirée. Pour beaucoup, ce schéma semble banal, mais qu'en est-il de la dépendance au sucre ?
Le témoignage de Christine, 40 ans, mère au foyer
"Manger plus sainement m'aide à lutter contre mes pulsions sucrées." Christine se sent piégée par sa consommation de sucre. Selon elle, chaque fois qu'elle en consomme, il lui est difficile de s'arrêter. Elle admet que réduire sa consommation lui procure un bien-être, mais sur le moment, elle éprouve un apaisement, même si cela s'accompagne d'irritabilité et de déprime par la suite.
A l'origine, elle pensait que la dépendance au sucre n'était pas aussi forte que celle du tabac, mais sa lutte l’a convaincue du contraire. Après avoir consulté un micronutritionniste et pris des compléments alimentaires, elle a constaté des améliorations, bien que la tentation demeure, comme ce morceau de bûche de Noël qui a ravivé ses désirs. En augmentant sa consommation de légumes et de légumineuses, elle a réussi à réduire ses envies de sucre, et souhaite désormais poursuivre cette voie.
L’opinion de Serge Ahmed, directeur de recherche au CNRS, Bordeaux
"On peut dire qu’il y a dépendance" selon Serge Ahmed. Il explique que, physiologiquement, les aliments sucrés activent les circuits de récompense dans le cerveau, similaires à ceux impliqués dans la consommation de drogues (nicotine, alcool, etc.). Des études antérieures menées par Ahmed ont montré que les rats préféraient une solution sucrée à la cocaïne, révélant ainsi une puissante attirance pour le sucre. Cette réponse de satisfaction est souvent liée à des prédispositions génétiques. Les recherches sur cette dépendance sont encore à leurs débuts, mais les mécanismes d'addiction observés suggèrent que le sucre peut effectivement créer une dépendance comparable à celle d'autres substances.







