Selon Éric Revel, journaliste et essayiste, le parcours économique d'Emmanuel Macron, souvent surnommé « Mozart de la Finance », ressemble davantage à une série de déconvenues qu'à un succès éclatant.
Causeur. Les partisans du président mettent en avant certaines de ses mesures, telles que l'abrogation de l'ISF, l'instauration de la flat tax, et la relance du nucléaire avec le plan de réindustrialisation « France 2030 » engageant 54 milliards d'euros sur cinq ans. Des avancées indéniables, certes, mais.
Éric Revel. L'ancien président a oscillé entre décisions ambitieuses et revirements déstabilisants. Avec son dernier budget, un impôt sur la fortune pourrait prochainement faire son apparition. Paradoxalement, la relance du nucléaire se fait après avoir ordonné la fermeture de plusieurs réacteurs, un choix en désaccord avec la promesse d'un avenir énergétique renouvelable. La promesse d’un taux de chômage à 5 % se heurte à une réalité où celui-ci dépasse aujourd’hui les 7 %. La reindustrialisation est un faux-semblant, alors que la part de l'industrie dans notre PIB est inférieure à celle de la Grèce. Et l'endettement du pays ? Un milliard d'euros de dette par jour ouvré depuis le début de son mandat, comme l’a noté l'ancien Premier ministre François Fillon. Une catastrophe !
Le président a-t-il encore l'adhésion des grands patrons ?
Macron a initialement bénéficié d'un soutien fort du patronat qui voyait en lui le garant de la « start-up nation ». Sa promesse de réformer la dépense publique, avec 60 milliards d'euros d'économies envisagées chaque année, s'est traduite par la création de près de 200 000 postes de fonctionnaires. Aujourd’hui, l'économie fait face à des signes inquiétants de récession, et les entrepreneurs français restent préoccupés par l'avenir. Leur soutien commence à faiblir.
Qui est responsable de l'ancrage des 35 heures en France ?
Les 35 heures, tout comme la retraite à 60 ans, sont une création socialiste. Les dépenses sociales s'emballent, et le mur de la dette se profile à l'horizon sans augmentation de la productivité. Macron a tenté de maintenir une certaine paix sociale en distribuant des aides financières, mais les illusions d'un argent facile se dissipent. Les citoyens doivent reconnaître que notre modèle social est insoutenable à long terme !
Pourquoi l'État continue-t-il de se financer malgré une dérive budgétaire manifeste ?
Actuellement, l'État français emprunte à des taux de plus en plus élevés. Les adversités économiques en Allemagne masquent nos propres problèmes, mais cela ne durera pas éternellement. Dans quelques années, le service de la dette pourrait représenter 100 milliards d'euros, un chiffre effroyable dépassant le budget alloué à l'Éducation nationale. Cela illustre les retombées des décisions de Macron.
Le futur président sera-t-il en mesure de gérer ces défis ?
Les candidats à la présidence semblent ignorer l'ampleur des défis qui attendent le prochain élu. Des négociations avec Bruxelles s'annoncent nécessaires, pour repositionner l'Europe vers une plus grande souveraineté nationale. Si l'Europe ne se réinvente pas, elle risque d'être oubliée dans l'histoire.
Éric Revel, C'est Mozart qu'on assassine, Ellipses, 2025. 232 pages







