Le samedi 14 février, à Pérols, les employés de l'enseigne d'ameublement Alinéa ont exprimé leur désespoir et leur colère lors d'une manifestation contre la menace de liquidation judiciaire de leur entreprise. Au cœur de leurs revendications, un reclassement au sein du groupe Mulliez, propriétaire de la marque, ou des indemnités pour faciliter leur reconversion professionnelle. Rassemblés autour d'un pantin symbolisant leur entreprise au bord de l'abîme, ces 39 salariés se battent pour un avenir incertain.
Placée sous redressement judiciaire depuis novembre 2025, Alinéa avait initialement trouvé un repreneur en la personne du groupe SDC, mais celui-ci s'est finalement désisté, aggravant la situation. Javotte, une salariée, a appris cette nouvelle par email, exprimant son indignation : "On est en colère, parce qu'on n'est pas soutenus. Cette situation n'est pas juste. On a tout fait pour sauver notre entreprise." Lien de cette fragilité avec la pandémie de Covid-19 reste préoccupant.
Parmi les manifestants, Timéa, 20 ans, qui travaillait chez Alinéa pour financer ses études en sciences politiques, a déclaré : "On avait vraiment espoir d'être repris. Je ne sais pas comment je vais me débrouiller, trouver du travail alors que tous les étudiants sont déjà en poste, c'est impossible."
Nadia, une autre employée avec 26 ans d'expérience chez Alinéa, s'inquiète également et accuse le groupe Mulliez de mauvaises décisions. Elle critique la fusion avec le groupe Zodio, ajoutant : "Ils ont décidé de nous fusionner avec des magasins déjà peu rentables, et nous avons été contraints de les absorber. C'est une manière de se débarrasser de nous."
Des discussions en cours pour un reclassement ou des indemnités
Nicolas, vendeur depuis 15 ans, partage cette inquiétude et compte sur le soutien du groupe Mulliez. "Le groupe a des marques comme Auchan, Décathlon ou Leroy Merlin ; ils doivent pouvoir nous aider, au moins financièrement, pour notre reconversion professionnelle," a-t-il exprimé. Les syndicats sont actuellement en pourparlers avec la direction pour demander des indemnités.
Alinéa, fondée à Avignon en 1988, emploie actuellement environ 1 200 personnes, qui redoutent cette incertitude quant à leur avenir à la veille d'une fermeture potentielle.







