La grave crise de carburant à Cuba a conduit des chauffeurs comme Eduardo Romano à se tourner vers des triporteurs électriques pour continuer leur activité. "À cause du problème d’essence et de diesel, j’ai été forcé de changer", raconte ce père de deux filles, alors qu’il attend des clients au cœur de La Havane.
La situation a été aggravée par l'arrêt des livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, ce qui a secoué l'économie de l'île communiste. Washington, après l'arrestation de Nicolas Maduro, a menacé d'imposer des droits de douane aux pays qui tenteraient d'aider Cuba.
Pour faire face à cette crise, le gouvernement a établi des mesures d'urgence. Actuellement, le diesel est indisponible à l'achat et l'essence est rationnée. Les transports en commun, déjà affaiblis, ont été réduits, rendant la vie quotidienne encore plus difficile pour les Cubains.
Le nombre de taxis traditionnels a chuté ces dernières semaines, entraînant une flambée des prix. Un trajet, qui coûtait 250 pesos (0,50 dollar) avant la crise, se vend maintenant à 800 pesos (1,6 dollar). Sur le marché noir, le prix du litre d’essence atteint des sommets, se négociant à 5 dollars.
"C’est une situation difficile pour ceux qui doivent se déplacer", admet Eduardo, qui offre néanmoins des tarifs plus compétitifs grâce à son triporteur électrique. Ces véhicules, capables de transporter jusqu'à huit passagers, prennent de l'ampleur à La Havane, portant le sourire sur le visage d'Eduardo : "Maintenant, ces triporteurs sont les rois de la route!"
Malgré l'indépendance par rapport aux carburants fossiles, un autre défi se pose : les coupures d’électricité fréquentes. "Je vis dans un coin où les coupures sont quotidiennes," explique-t-il, ajoutant qu'il doit s'adapter à cette nouvelle réalité.
Ignacio Charon, réparateur de pneus, note les difficultés que rencontrent ses concitoyens : "Certains ont dû quitter leur emploi, car ils ne peuvent plus subvenir à leurs besoins vu le coût du transport. Les triporteurs et vélo-taxis vont dominer le paysage cubain", prédit-il en travaillant sur un véhicule traditionnel.
Orlando Palomino, un conducteur de vélo-taxi, partage son expérience : "Il y a du boulot tous les jours! Je fais jusqu’à 70 km pour transporter mes clients d'un quartier à l'autre. Ces véhicules artisanaux sont maintenant proposés à des prix atteignant 200.000 pesos (400 dollars)."
Roselia Lopez, stomatologue, exprime son désespoir face à cette situation de transport "désastreuse" alors qu’elle attend un triporteur public pour accompagner sa mère à un rendez-vous médical. Ariel Estrada, un autre chauffeur de triporteur électrique, confirme que malgré les efforts, l'offre de transport reste insuffisante pour répondre à la demande croissante.







