Les agriculteurs, souvent en première ligne des défis posés par le dérèglement climatique, reçoivent une attention croissante de la part de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). En effet, en 2022, les indemnisations liées aux aléas climatiques ont approché les 2,9 milliards d'euros selon la Caisse centrale de réassurance. « Ils sont en première ligne face au dérèglement climatique », a affirmé Sylvain Waserman, président de l'Ademe. Dans cette optique, l’agence se doit d’accompagner les agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques.
Afin de répondre à cette nécessité, l'Ademe a prévu un budget de 21,8 millions d'euros sur trois ans pour soutenir 8 800 agriculteurs dans l'adoption de nouvelles méthodes. Parmi les actions entreprises, certains agriculteurs se tournent vers des techniques innovantes pour faire face à la gestion de l'eau, notamment dans la viticulture, où le stress hydrique devient de plus en plus préoccupant. « Des variétés plus résistantes ou des porte-greffes permettant de capter l’eau plus profondément dans le sol pourraient faire la différence », souligne-t-il.
Une contribution à l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre
Le secteur agricole joue également un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique. « En 2018, l'agriculture représentait 20 % des énergies renouvelables en France », a noté Waserman. En parallèle, le pays comptait « 1 781 méthaniseurs générant cinq térawatt-heures, suffisants pour alimenter environ 1,2 million de ménages », indique un bilan positif des efforts entrepris. L'Ademe continue d'apporter un soutien tant financier que technique à ces projets prometteurs.
Parmi les initiatives notables, on trouve l'agrivoltaïsme, qui intègre la production d'énergie solaire tout en préservant les terres agricoles. Un nouveau cadre légal installé pour 2024 définira des limites sur l’utilisation des terres pour les panneaux solaires, stipulant que « la surface utilisée ne devra pas dépasser 40 % des champs ». « Le photovoltaïque doit servir l’agriculture », rappelle encore Waserman.
Prochainement, une cartographie des énergies renouvelables sera rendue publique, permettant de mieux évaluer les projets en adéquation avec les ressources locales. « Cet outil vise à optimiser la cohérence entre les projets et les flux de biomasse », a ajouté le président de l'Ademe, mentionnant l’exemple d'un projet industriel rejeté à cause d'un manque de déchets végétaux disponibles dans le Grand Est.







