La société de collecte de déchets Sepur fait face à des accusations sérieuses concernant l'emploi de travailleurs sans-papiers. Le procès, qui s'ouvre ce lundi, met en lumière des pratiques qui auraient eu lieu entre 2018 et 2021. Environ cinquante personnes, majoritairement d'origine malienne, sont concernées. Ces employés avaient protesté à Bobigny pour demander leur régularisation, affirmant avoir été recrutés sous de fausses identités.
Le tribunal correctionnel de Versailles examinera les accusations portées contre Sepur et deux de ses chefs d'équipe, affublés de charges d'extorsion par violence et menace. Ils risquent jusqu'à sept ans d'emprisonnement et des amendes s'élevant à 100 000 euros. Des inspections par l'inspection du travail ont été initiées après cette grève, révélant des cas de travail dissimulé. La situation a suscité des témoignages alarmants de neuf employés, dénonçant des faits de racket commis par leurs responsables.
Des pratiques d'embauche inquiétantes
Il a été rapporté dans un procès-verbal que plusieurs travailleurs ont été directement recrutés par des chefs d'équipe au sein des entrepôts de la Sepur, sans passer par des agences d'intérim. La majorité de ces employés œuvrait à des postes de ripeurs, collectant les déchets, souvent sous des identités empruntées. Cela a permis à Sepur de bénéficier d'une main-d'œuvre moins coûteuse, tout en déléguant la responsabilité à des agences d'intérim.
Les accusations de racket sont également préoccupantes. Les deux chefs d'équipe sont soupçonnés d'avoir prélevé 10 % des salaires des employés, un délit qu'ils nient, tout comme le reste des dirigeants impliqués. Selon Cheick Camara, ancien souffleur, la Sepur orchestrera un système qui se cache derrière ces agences, tout en gardant le contrôle sur les opérations. Il souligne qu'il n’a jamais reçu la formation nécessaire pour exercer ses fonctions.
Une réaction de la société en question
Face à ces accusations, la Sepur a porté plainte pour escroquerie, affirmant être victime d'un système organisé par certains syndicats pour recruter des travailleurs sous de fausses identités. Olivier Baratelli, l'avocat de la Sepur, a exprimé son indignation face à ces accusations, insistant sur le fait que l'entreprise n'est pas responsable de l'utilisation frauduleuse d'identités.
En soutien aux travailleurs sans-papiers, la CGT a prévu un rassemblement devant le tribunal de Versailles, dirigé par sa secrétaire générale Sophie Binet, soulignant l'importance de cette affaire dans le contexte actuel. Dans ce climat tendu, il est prudent d’observer l'évolution de ce procès, qui pourrait avoir des répercussions importantes pour le traitement des travailleurs sans-papiers en France.







