Dominique Pelicot aurait-il pu être arrêté bien avant d'infliger à son épouse Gisèle un véritable calvaire ? Selon un rapport de l'inspection générale, des erreurs dans la gestion de son ADN, prélevé dans une affaire antérieure, auraient pu mettre fin à ses actes criminels dès 2010.
En 2010, Pelicot est interpellé pour avoir filmé sous les jupes de clientes dans un supermarché. L’ADN prélevé lors de cette arrestation vient alors s'ajouter à un autre fichier, celui d'une tentative de viol sur une agente immobilière en 1999. Malheureusement, cette précieuse information a été perdue dans les méandres administratifs : un simple courrier, censé relier les deux affaires, a été égaré, comme l’indique Me Béatrice Zavaro, l'avocate de Pelicot, qui déplore les failles systémiques de la justice.
Maître Florence Rault, représentant les familles des victimes, souligne la gravité de telles négligences : "C'est dramatique. D'autres dossiers, aussi, pourraient se trouver dans ce type de situation". Si le courrier avait bien atteint le tribunal de Meaux, le destin tragique de Gisèle aurait sans doute été évité.
Le rapport met au jour un problème plus vaste chez le parquet de Meaux, alors en phase de réorganisation, ce qui a conduit à des pertes de pièces essentielles. Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, affirme qu'il est impératif de revoir les méthodes de communication au sein des tribunaux. Un système d'envoi numérique, traçable et sécurisé, sera mis en place d'ici février 2026.
À ce jour, Dominique Pelicot purgera une peine de 20 ans de prison pour ses crimes contre Gisèle. Cependant, cette affaire met en lumière des dysfonctionnements qui pourraient toucher de nombreux autres dossiers. La question reste ouverte : combien d'autres victimes attendent encore une justice qui pourrait être plus rapide et plus efficace ? En élaborant des solutions innovantes, il est essentiel d'éviter que de telles tragédies ne se répètent à l'avenir.







