Le parquet de Strasbourg a annoncé le 26 février la mise en examen d'une femme qui se présentait comme « thérapeute » et « maître en méditation bouddhiste ». Cette « gourelle » est soupçonnée d'avoir exercé une emprise psychologique sur plusieurs personnes, les exploitant financièrement, tout en établissant un système de manipulation typique des sectes.
Accusée de blanchiment et de travail dissimulé, elle aurait placé de nombreux adeptes dans une vulnérabilité extrême, les rendant dépendants de ses services. La procureure de Strasbourg, Clarisse Taron, a affirmé que ses actions avaient conduit à des pertes financières importantes pour certains de ses adeptes, relayant ces informations à l'Agence France-Presse (AFP).
Les investigations, qui ont débuté en septembre 2024, font suite à des plaintes déposées depuis décembre 2017. Au fil des mois, il est apparu que celle qui n'avait aucune formation thérapeutique avait construit une image d'expertise, se vantant de posséder des pouvoirs surnaturels. Une ruse qui a trompé nombre de ses clients, qui la contactaient via son site internet pour des séances de « communication sensorielle et émotionnelle », déclarant maîtriser des disciplines comme la « thérapie du centre » ou encore le « tarot de Marseille ».
Des investigations menées depuis septembre 2024
La mise en examen de cette femme survient après une année d'enquête qui a révélé des pratiques inquiétantes. Selon le parquet, les adeptes les plus fervents de la suspecte dévouaient une grande partie de leur temps et de leurs ressources à la servir, allant jusqu'à lui faire son ménage et lui acheter des cadeaux.
Par ailleurs, son mari, infirmier de profession, a également été mis en examen pour des faits similaires. Ce dernier a été placé sous contrôle judiciaire, lui interdisant tout contact avec les victimes et la pratique de soins énergétiques.
Les autorités ont d'ores et déjà saisi 300 000 euros sur les comptes bancaires de ce couple, révélant l'ampleur de l'escroquerie. Les témoignages sont alarmants et soulignent les conséquences dévastatrices de telles manipulations sur la vie des victimes.
« Rapidement, elle envahissait la sphère privée de ses patients et les isolait de leur famille », a précisé le parquet, soulignant les dangers d'un tel système où l'individu perd son autonomie au profit d'un gourou. Les répercussions émotionnelles et financières sont souvent désastreuses ».
Cette affaire soulève des questions sur la régulation des pratiques thérapeutiques non encadrées et l'importance de sensibiliser le public sur les dangers potentiels de telles expériences.







