Keiko Fujimori, candidate de droite, se positionne en tête des sondages à la sortie des urnes dimanche lors des élections présidentielles au Pérou. Ce scrutin a été entaché par des problèmes logistiques et une profonde méfiance envers les institutions.
Selon les instituts Ipsos et Datum, un second tour est à prévoir le 7 juin entre Fujimori et l'un des quatre autres candidats concurrentiels, comprenant l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga et le gauchiste radical Roberto Sanchez.
Les bureaux de vote, qui ont fermé à 18H00 (23H00 GMT), ont connu des perturbations majeures. Au moins 63.000 électeurs n'ont pas pu voter en raison de retards et d'allégations de fraude sans fondement. La police a mené des opérations à l'autorité électorale (ONPE) et dans la société responsable de la distribution des bulletins.
Piero Corvetto, chef de l'ONPE, a déclaré que « 15 bureaux de vote à Lima n'ont pas pu recevoir leur matériel électoral » et a assuré qu'il n'existait « aucune possibilité de fraude ». Il a confirmé que les résultats seraient un reflet fidèle de la volonté populaire.
Tandis que Corvetto mise sur la confiance, Rafael Lopez Aliaga dénonce un « cas de fraude électorale », qualifiant la situation de « grave délit dans un régime démocratique ». En réponse, la présidence péruvienne a affirmé avoir respecté ses obligations en matière de sécurité et d'ordre pendant le scrutin.
Les électeurs, confrontés à une montée de la criminalité et au rejet des politiques, ont exprimé leur scepticisme envers la transparence du processus électoral. Karina Herrera, manifestante devant l'ONPE, a déclaré à l'AFP : « Il n'y a pas d'autre mot que fraude ».
Ce scrutin, le plus fragmenté de l'histoire péruvienne, traite des préoccupations croissantes entourant la sécurité. Les candidats ont avancé des propositions radicales pour faire face à l'insécurité croissante, notamment des prisons en milieu isolé et le rétablissement de la peine de mort.
La situation en matière de sécurité est alarmante, avec des homicides ayant doublé depuis 2018, atteignant près de 2600 par an. Les plaintes pour extorsion ont également augmenté de 800%, selon les autorités.
L'héritière de l'ancien président Alberto Fujimori, condamné pour corruption, a promis de rétablir l'ordre durant ses 100 premiers jours de mandat. L'actuel président, José Maria Balcazar, ne pouvant pas se représenter, laissera place au nouveau chef d'État le 28 juillet prochain.







